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Culture

 « Le Souffle de l’Harmattan » : la 12e édition s’achève sous le signe d’une responsabilité collective

Après quatre jours d’activités consacrées au livre, à la création littéraire et aux échanges intellectuels, la 12e édition du Festival international « Le Souffle de l’Harmattan » a pris fin le samedi 31 octobre 2026 au CEFO. La cérémonie de clôture a été marquée par la remise de prix et de distinctions.

Les écrivains, poètes, acteurs culturels et passionnés de littérature se sont retrouvés autour du livre, de la lecture et des enjeux de la création littéraire à l’ère du numérique. Placée sous le thème de l’écriture à l’ère de l’intelligence artificielle, cette édition a permis d’ouvrir la réflexion sur la place de l’écrivain face aux nouvelles technologies et sur la nécessité de préserver la sensibilité et la créativité humaines.

Invité d’honneur de la 12e édition, le poète camerounais Fleury Ngamelé a exprimé sa gratitude aux organisateurs pour cette initiative qui contribue à faire vivre la littérature et à rassembler les amoureux des mots. Il a rappelé que si l’intelligence artificielle est désormais capable de produire des textes, des poèmes et des histoires, elle ne saurait remplacer la sensibilité humaine. « La machine peut aligner des mots, mais c’est à nous de leur donner la tête, le tronc, les quatre membres et surtout le cœur », a-t-il souligné. Pour le poète, l’écriture trouve sa véritable force dans les expériences humaines, l’amour, la souffrance, les injustices, les souvenirs et les espoirs. Il estime que l’intelligence artificielle doit être considérée comme un outil d’accompagnement et non comme un substitut à la créativité de l’écrivain. Fleury Ngamelé a insisté sur la nécessité de rendre la littérature accessible à tous, particulièrement aux jeunes, aux élèves et aux populations des quartiers. Selon lui, un poème peut éveiller les consciences, tandis qu’une histoire peut transformer la manière dont une personne perçoit le monde.

L’intelligence artificielle, un produit de l’intelligence humaine

De son côté, le parrain de cette édition, Me Hissein Ngaro, a apporté sa contribution au débat sur l’intelligence artificielle et la création littéraire. Rappelant que l’intelligence artificielle est une invention humaine, il a estimé qu’elle ne devrait pas être perçue comme une menace destinée à dominer l’homme. Il a plutôt invité les écrivains à continuer de produire leurs propres textes et à utiliser ces nouvelles technologies comme des outils d’aide à la correction et à l’amélioration de leurs écrits. « L’IA a été inventée sur cette terre et elle est le fruit de l’intelligence humaine. Ce n’est donc pas elle qui va dominer l’homme puisqu’elle est issue de l’homme », a-t-il déclaré.

Pour le commissaire général du festival, Sosthène Mbernodji, cette 12e édition s’achève sur un bilan marqué par la satisfaction, la fierté et un sentiment de responsabilité collective. Selon lui, pendant quatre jours, le festival a réaffirmé le rôle fondamental du livre dans l’éducation, la liberté, la connaissance et le développement de la société tchadienne. Il a salué la réussite du dialogue intergénérationnel et interculturel, qui a permis de réunir différentes générations, cultures et sensibilités autour de la littérature.

Les échanges ont par ailleurs porté sur les défis auxquels sont confrontés les écrivains et les éditeurs, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle. Pour le commissaire général, cette technologie peut contribuer à la promotion des œuvres, mais elle ne pourra jamais remplacer l’originalité, la sensibilité humaine et la responsabilité de l’auteur.

Alladigba Donatien

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