L’Union africaine (UA) dispose enfin d’une agence de notation de crédit. La société dénommée Africa Credit Rating Agency (AfCRA) a été lancée, le 7 octobre 2026, à Maurice. Pour faire simple, une agence de notation est une entreprise privée chargée d’évaluer la capacité d’un emprunteur à rembourser le capital ainsi que les intérêts. C’est aussi elle qui établit la solvabilité d’un emprunteur, qui peut être un Etat, une collectivité locale ou une société en émettant une note de crédit. Restée longtemps sous la coupe et tributaire des agence occidentales, l’Afrique pourra désormais prouver par elle-même ce dont elle est capable sur les marchés financiers. Chose inimaginable, il y a peu. Après plusieurs concertations et démarches entreprises auprès des Etats, cet outil est conçu par des opérateurs privés, de manière à contribuer au renforcement de la souveraineté financière du continent.
L’initiative vient mettre fin à une pratique peu honorable pour le continent noir. Pendant des décennies, les réalités économiques africaines ont été évaluées et appréciées par des non Africains. Résultats : des données biaisées et des opportunités ratées ou mal valorisées en faveur des populations nécessiteuses. Le risque africain est largement surestimé par ces agences de notation internationales. Les évaluations sont d’ordinaire faites exclusivement en devise étrangère et les spécificités économiques locales sont souvent occultées. De plus, le marché africain n’est pas bien connu ni maitrisé. Selon l’Union africaine, seulement 32 des 55 États africains sont actuellement couverts par les trois grandes agences internationales et laissent donc 23 États sans notation.
Il était donc temps que l’Afrique propose sa grille de lecture des risques financiers. La nouvelle agence ambitionne de plaider pour une révision substantielle du coût auquel les États et les entreprises du continent accèdent aux financements. Son cheval de bataille est la prise en compte les réalités économiques africaines afin d’attirer davantage de capitaux. L’AFCRA veut offrir une alternative aux grandes agences de notation comme Moody’s, SCP et Fitch, avec une évaluation du risque adaptée aux réalités africaines, selon certains experts. La véritable question est celle de la crédibilité. Un impératif quine peut s’acquérir sans une réelle indépendance. Pour ne pas être juge et partie et face à la présence des agences concurrentes, la jeune agence doit faire ses preuves pour gagner en confiance.
Pour bâtir solidement sa crédibilité, l’agence brandit l’actionnariat comme garde-fou. Il est établi que les gouvernements ne doivent, en aucun cas, détenir de parts. Mille actions émises sont déjà acquises par une société sud-africaine de recherche et d’intelligence de marché. 2 000 autres seront vendues à des investisseurs agréés. Pendant que l’Afrique est en quête permanente d’investissements massifs pour accélérer son développement, cette agence est la bienvenue. Elle doit surtout mettre les bouchées doubles afin de convaincre les bailleurs et réduire les taux d’intérêt souvent écrasants.
La Rédaction









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