En mission d’inspection dans la province du Kanem, le ministre des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien Routier, Amir Idriss Kourda, a évalué le mardi 29 septembre 2026 le chantier routier reliant Rig-Rig à Daboua jusqu’à la frontière du Niger. Cette visite de terrain a permis de contrôler l’avancement des installations techniques, de constater l’état d’exécution et d’exiger une accélération fermes des opérations sur ce corridor régional stratégique.
Accompagné du délégué général du gouvernement et de ses équipes techniques, le ministre s’est rendu directement sur le chantier d’aménagements routiers. Ce projet majeur concerne le bitumage de 100,813 kilomètres. Il s’inscrit pleinement dans le cadre du développement de la grande route transsaharienne, un axe d’interconnexion qui relie la ville de Douala à Alger en passant par N’Djaména et Niamey.
Au cours de sa tournée, la délégation a visité la centrale de concassage ainsi que la centrale d’enrobés. Ces unités industrielles conditionnent la fabrication des matériaux de chaussée. L’inspection a couvert les travaux de terrassement, le calibrage des installations et la piste de déviation. Ce tracé provisoire part de Ngouri vers la ville de Rig-Rig afin de faciliter le transport des matériaux extraits depuis la carrière de Goura.
Ce chantier connaît une histoire complexe marquée par plusieurs interruptions. Les données techniques indiquent un démarrage initial le 18 avril 2016, suivi d’un premier arrêt le 20 mai 2019. Une première reprise est intervenue le 01er mars 2022, avant qu’un second arrêt ne suspende le chantier le 20 mars 2024. Les activités ont finalement repris le 15 juin 2025. Le projet accuse ainsi d’importants retards accumulés en raison de contraintes techniques et structurelles.
Sur le terrain, la délégation a dressé un bilan précis. Les travaux de terrassement sont effectivement engagés sur un front et l’aménagement des voies de déviation se poursuit. Par rapport aux manquements constatés. Les 28 premiers kilomètres exécutés présentent des dégradations précoces nécessitant un entretien lourd, attribuables à des défauts de mise en œuvre de l’entreprise.
Face à la lenteur observée et aux défauts constatés, le ministre s’est adressé à l’entreprise exécutante CGCOC GROUP, au groupement GIC SA/GéoSerTech chargé du contrôle, ainsi qu’aux services déconcentrés de son ministère. Évaluant la situation, il a déclaré : « la cadence n’est pas vraiment à la hauteur de mes attentes ».
Directives fermes et recommandations ministérielles
Afin de redresser la trajectoire du chantier, le ministre a formulé des recommandations contraignantes. Pour la reprise des travaux défectueux, l’entreprise est sommée de reprendre à ses propres frais les 28 premiers kilomètres détériorés. Le planning doit être réorganisé immédiatement pour rattraper le retard et finaliser l’ensemble des travaux d’entretien au plus tard avant la fin de l’année 2026. Il est ordonné d’ouvrir plusieurs fronts de chantier simultanés et d’instaurer le travail de nuit pour augmenter le rendement. L’entreprise doit aménager et entretenir les pistes de déviation, installer une signalisation routière claire et procéder à des plantations d’arbres pour protéger l’environnement. Elle doit ensuite assurer la maintenance continue des voies servant au transport des matériaux concassés, notamment l’axe Ngouri–Massakory.
Aussitôt, le ministre a martelé : « c’est le lieu de donner des instructions à l’entreprise, à nos services déconcentrés et aux services du ministère des infrastructures de maximiser les rendements afin de finaliser ce projet dans les délais ».
Doté d’un financement global révisé à 68 475 661 309 FCFA HT et HD à la suite de trois avenants, ce projet est soutenu par le Fonds Africain de Développement, la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale et l’État tchadien. Bien que l’échéance contractuelle révisée soit fixée au 30 juin 2027, l’exécutif exige une livraison anticipée. Le ministre Amir Idriss Kourda a rappelé la priorité accordée aux infrastructures par le président de la République, Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Déby Itno : « le programme politique du chef de l’État, le président de la République, accorde une place centrale aux infrastructures ».
S’exprimant sur l’importance géopolitique de ce corridor, il a précisé : « le Tchad est un pays sans littoral qui veut se connecter à travers cette route transsaharienne à la fois aux ports maghrébins, notamment le port d’Alger, et aux ports de l’Afrique occidentale, notamment le port de Cotonou ». La finalisation de cet axe désenclavera le territoire national et dynamisera les échanges commerciaux régionaux avec le Niger, le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal et l’Algérie. Clôturant son inspection sur une note d’intransigeance, le ministre a prévenu : « ce projet a trop duré et il faut le finaliser. Le Ministère a tout mis en œuvre sur les plans administratif et financier. L’entreprise et la mission de contrôle n’ont plus droit à l’erreur».
Streve Dinguemtog












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