Fidèle à sa tradition de pays hospitalier, le Tchad est, depuis des décennies, la terre d’accueil des réfugiés qui affluent des pays limitrophes voire au-delà. Il joue un rôle de médiateur et de stabilisateur régional notamment grâce à son implication dans la gestion des flux des réfugiés et dans les recherches de solutions aux conflits internes.
Le flux massif des réfugiés sur le sol tchadien nécessite des moyens colossaux pour sa prise en charge. Le pays fait face à près de deux millions de réfugiés et retournés. Ces réfugiés viennent pour la plupart de la Centrafrique, du Soudan ou du Nigéria créant une crise humanitaire devant les ressources maigres du pays. Dans sa logique solidaire, le Tchad a créé dernièrement une loi d’asile novatrice offrant la possibilité aux réfugiés d’y travailler.
Avec l’avènement de la nébuleuse Boko Haram, le Tchad est intervenu au Nigéria, au Niger, au Cameroun et au Mali, pour sécuriser les populations civiles en prêtant main forte à ses frères. La République démocratique du Congo aussi a bénéficié de la solidarité tchadienne dans ses moments les plus sombres. Dans tous ces théâtres de conflits, le Tchad a utilisé ses propres moyens matériels et humains pour ramener la paix et la stabilité. Il a consenti des sacrifices énormes pour ramener la paix dans ces pays en situation de guerre. Des hommes ont versé leur sang ainsi que des matériels endommagés.
A titre illustratif, le Tchad a joué un grand rôle dans le retour de la paix en République centrafricaine en 2013. Dans un conflit qui s’éternisait entre Séléka et Antibalaka, c’est N’Djaména qui a mobilisé la communauté africaine et internationale pour ouvrir une période de transition, menant au pouvoir Catherine Samba Panza et actant le départ du président Michel Djotodia. Plus récemment, en avril 2025, le Tchad a facilité un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) et de « Retour réclamation et réhabilitation » (3R). Sous la présidence du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le Tchad a été médiateur principal et garant de cet accord. Ce dernier prévoit la dissolution des groupes armés, le cantonnement de leurs combattants et leur intégration dans le cadre du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).
Autre théâtre de conflits, autre appui Tchadien, dès le début des hostilités au Soudan, le président Maréchal Mahamat Itno Deby Itno a montré sa bonne foi pour éviter au peuple soudanais une effusion de sang. Il a invité à N’Djaména les deux belligérants à savoir le président Abdel Fattah al-Buhran et le chef des Forces de soutien rapide (RSF) Mohamed Hamdan Dagalo, plus connu sous le nom de Hemeti pour engager des discussions afin d’arrêter cette guerre. Malheureusement, il n’a pas été compris jusqu’à ce que la guerre éclate conduisant le Soudan presque au bord de la seconde sécession qui ne dit pas son nom. Après l’éclosion du Soudan sud.
L’accord est signé côté gouvernement centrafricain par le général Henri Wanzet Linguissara et Mahamat Alkatim, côté rebelle. Toujours fidèle à sa politique de la promotion de la paix et de la stabilité, le Tchad a facilité le mercredi 19 novembre 2025 à N’Djaména un accord de paix conclu entre le gouvernement centrafricain et le mouvement patriotique (MPC) dirigé par Mahamat Alkhatim. Comme les précédents accords entre les rebelles centrafricains et le pouvoir du président Faustin Archange Touadéra, cet accord prévoit la cessation immédiate des hostilités, une amnistie générale, la libération des prisonniers de guerre ainsi que la mise en œuvre d’un processus de désarmement démobilisation et réintégration (DDR). Il engage également les ex-combattants à un retour au bercail et ouvre la voie à leur vie publique.
Serge Nekoulko Nadjingar












Ajouter un commentaire