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Santé Tchad

Tchad: Un système de santé en pleine transformation

Le Tchad a réalisé des progrès significatifs dans le domaine de la santé, notamment par la modernisation des infrastructures, l’amélioration de la surveillance épidémiologique, le renforcement des capacités de traitement et l’intégration de la médecine traditionnelle.

En 1990, le Tchad ne disposait que de moins de dix hôpitaux provinciaux. À l’heure actuelle, en 2025, le pays compte 23 hôpitaux provinciaux, 378 hôpitaux de district, 2682 centres de santé ainsi que quatre Centres hospitaliers universitaires (CHU).

Le ministère de la Santé publique emploie désormais 12 383 agents, parmi lesquels se trouvent 2 034 médecins, 2 061 agents techniques de santé (ATS), 1 888 infirmiers diplômés d’État (IDE) et 805 sage-femmes. À cela s’ajoutent la formation de plus de 1 000 agents toutes spécialités confondues.

La gratuité des soins au Tchad est une politique publique mise en place pour faciliter l’accès aux services de santé, particulièrement pour les populations les plus vulnérables. Elle vise notamment à réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile, encore très élevée dans le pays, en supprimant les barrières financières qui empêchent souvent les citoyens de se rendre dans les structures de santé.

Cette politique couvre plusieurs types de services, principalement les soins destinés aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. Parmi eux, on trouve les consultations prénatales, les accouchements, certains actes obstétricaux comme la césarienne, ainsi que les soins postnatals. Elle inclut également la prise en charge gratuite du paludisme pour les groupes les plus vulnérables mais aussi les malades de la tuberculose, du sida, les accidentés de la voix publique, les éléments des forces de défendes et de sécurité victimes des incursions barbares des fores du mal. La lutte contre les maladies évitables par la vaccination et la malnutrition dans toues ses formes occupent une place de choix dans la vision du ministère de la santé publique.

La mise en œuvre de cette politique repose sur plusieurs acteurs, dont le ministère de la Santé publique, les hôpitaux et centres de santé publics, ainsi que les partenaires internationaux tels que l’OMS, l’UNICEF, la Banque Mondiale, la banque islamique de développement, les différents fonds mobilisés par les pays amis et les ONG.

En conséquence, bien que la gratuité ait permis d’augmenter la fréquentation des centres de santé et d’améliorer l’accès aux soins pour de nombreux Tchadiens, elle a été recadrée par rapport à la situation économique du pays et est passée de 7 milliards à 500 millions ce qui limite Son impact. Pour atteindre ses objectifs, elle nécessite un renforcement du financement, une meilleure gestion des ressources et un contrôle rigoureux de son application sur tout le territoire.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des avancées majeures, incluant l’élimination de la maladie du sommeil comme problème de santé publique, ont été enregistrées par le Tchad ces dernières années. Sur le plan technique, l’introduction de chirurgies complexes comme la neurochirurgie participe des efforts du gouvernement dans l’amélioration de la santé de la population. Le Centre hospitalier universitaire La Renaissance (CHU-R) a été équipé d’un plateau technique moderne, d’un scanner et de spécialistes disponibles pour les urgences de même que les autres CHU. Cela réduit les besoins en évacuations sanitaires.

Da-ns la même veine, le gouvernement a élaboré la politique nationale de santé et tend vers la mise en œuvre de la médecine traditionnelle avec un cadre réglementaire assaini et des stratégies de gouvernance du système sanitaire. Ainsi, un cadre légal a été renforcé pour la médecine traditionnelle avec la Confédération nationale des tradipraticiens. Des formations et des recyclages sont régulièrement initiés pour une meilleure collaboration avec la médecine moderne. L’amélioration du système de santé passe aussi par le renforcement de la gestion des ressources humaines et du système de vaccination national.

Le Programme élargi de vaccination (PEV) est ainsi mis à contribution. Le gouvernement a par ailleurs indiqué sa priorité dans le document de la politique nationale de santé 2022-2030 : « Le Tchad affiche une vision claire et un engagement politique fort en faveur de l’immunisation universelle. Ce programme est inscrit dans la vision du Chef de l’État, qui est d’immuniser les enfants du Tchad et de les protéger contre les maladies évitables par la vaccination et de réduire la mortalité infantile. » À terme, les résultats du programme incitent à poursuivre les efforts déjà accomplis.

Selon les enquêtes menées entre 2023 et 2024, 68 % des enfants ont reçu leur troisième dose de vaccination dite pentavalente. En son temps, le défunt président, le Maréchal Idriss Deby Itno, avait débloqué 3 milliards de francs CFA pour acheter les vaccins. Ces efforts se poursuivent aujourd’hui.

Les vaccins administrés au Tchad permettent désormais de lutter contre treize maladies : la coqueluche, la diphtérie, la fièvre jaune, la maladie à Haemophilus, l’hépatite B, le méningocoque A, la rougeole, la poliomyélite, le tétanos, la tuberculose, la pneumonie à pneumocoque, la diarrhée et le paludisme. Un accent particulier est mis sur ces vaccins, qui sont administrés selon le calendrier vaccinal. Ils commencent par la maternité, avec cinq doses administrées pendant la grossesse, car cela protège l’enfant et sa mère contre le tétanos pour toute la vie.

 Badour Oumar Ali, Newingar Minguéngué Jacqueline et Abdelaziz Ibet                           

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