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Santé Tchad

Variation de températures : Comment protéger les nourrissons

À N’Djaména, les fluctuations de température de ces derniers jours exposent les nourrissons à divers risques sanitaires. Les professionnels de santé appellent à la prudence et recommandent aux parents de maintenir les bébés au chaud durant les nuits fraîches, d’éviter les expositions prolongées à la poussière et de bien les hydrater en période de chaleur. Ils insistent sur le port de vêtements adaptés, la propreté de l’environnement et la limitation des sorties inutiles. La vigilance reste de mise, car les nouveau-nés, au système immunitaire encore fragile, sont les plus exposés aux infections respiratoires.

Ces derniers temps, les journées commencent souvent sous une fraîcheur surprenante avant de basculer, quelques heures plus tard, vers une chaleur sèche et parfois pesante. Ce contraste complique le quotidien des familles. Pour les nouveau-nés, dont l’organisme n’est pas encore capable de réguler efficacement la température corporelle, cette situation représente un véritable défi sanitaire.

Au Centre hospitalier universitaire(CHU) de la Mère et de l’Enfant, les consultations liées aux troubles provoqués par les variations climatiques sont fréquentes. Les nourrissons arrivent avec des symptômes tels que toux, fièvre, rhumes ou difficultés respiratoires. Dr Ildjima Ousman Kadallah, chef de service de la pédiatrie, tire la sonnette d’alarme. « Le nouveau-né est extrêmement fragile. Il ne peut ni conserver la chaleur quand il fait frais, ni l’évacuer lorsqu’il fait chaud. Les changements brusques de température peuvent rapidement déséquilibrer son organisme », explique-t-elle. Selon la spécialiste, ces conditions favorisent plusieurs problèmes de santé. Le refroidissement, notamment en début de matinée ou durant la nuit, demeure courant. À l’inverse, la chaleur excessive peut aussi entraîner fièvre, agitation ou déshydratation. « Nous observons également une recrudescence des infections respiratoires, car ces variations affaiblissent les défenses naturelles du bébé », précise la pédiatre.

Des nuits d’angoisse pour les parents

Dans certains quartiers de la capitale, ces tentatives de protection se traduisent par des nuits éprouvantes. Minguemadji Charlotte, 35 ans, mère d’un nourrisson de trois mois, exprime son épuisement. « Le soir, je couvre mon bébé pour le protéger du froid. Mais au milieu de la nuit, la température change. Il se réveille en pleurant, transpire beaucoup et parfois respire mal », raconte-t-elle. Une situation qui affecte son quotidien. « On dort très peu. Il m’arrive d’aller travailler complètement épuisée », ajoute-t-elle. Même inquiétude chez Monodji Clarisse, 28 ans, jeune maman d’un bébé d’un mois. « Je vis avec la peur permanente de mal faire. J’ai peur qu’il ait froid, mais aussi qu’il s’étouffe si je le couvre trop. La température change sans prévenir », confie-t-elle.

Face à ces situations, Dr Ildjima Ousman Kadallah insiste sur l’importance de repérer rapidement les signes d’alerte. « Un bébé qui a le corps très chaud ou très froid au toucher, qui refuse de téter, respire difficilement ou devient inhabituellement calme doit être conduit sans tarder dans un centre de santé », avertit-elle. L’adaptation de l’habillement reste l’un des gestes essentiels. Le matin et la nuit, lorsque la fraîcheur s’installe, le bébé doit être légèrement plus couvert qu’un adulte. En revanche, dès que la chaleur monte, il est recommandé d’alléger les vêtements. « Le bon repère, c’est le cou ou le ventre du bébé. S’il est trop chaud ou humide, il faut retirer une couche », conseille la pédiatre.

D’après Dr Ildjima Ousman Kadallah, l’allaitement maternel est aussi un pilier de protection. « Le lait maternel apporte au bébé l’eau, l’énergie et les défenses naturelles nécessaires pour faire face à la chaleur comme au froid ». Elle recommande un allaitement maternel exclusif, sans ajout d’eau, même lorsque la température augmente. Les sorties doivent également être limitées. « Avec le vent et la poussière présents dans certains quartiers, il est préférable d’éviter les déplacements inutiles avec les nouveau-nés, surtout aux heures les plus exposées », insiste la spécialiste.

Au-delà des foyers, cette situation met en lumière le lien étroit entre climat et santé publique. Les variations climatiques, de plus en plus imprévisibles, exposent davantage les populations vulnérables. À N’Djaména, protéger les nouveau-nés face à ces changements de temps devient un enjeu collectif, appelant à une meilleure sensibilisation des parents et à un renforcement de l’information sanitaire de proximité. Derrière chaque matin frais et chaque après-midi plus chaud, ce sont des vies fragiles qu’il faut apprendre à préserver.

Sikngaye Tamaltan Inès

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