De Tchad succès, Africa Melody, Chari Jazz à Kadeux en passant par le groupe Tibesti, H’Sao, la musique n’a pas que bercé des générations mais elle a fait parler du Tchad. Dans une sorte de dynamique de temps, les musiciens tchadiens ont su se réinventer face aux difficultés d’ordre financier, institutionnel, organisationnel. Mais aujourd’hui, l’on doit se poser la question : quel est le statut du musicien tchadien ? Comment s’adapte-t-il aux mutations technologiques ? L’artiste vit-il de ses œuvres ? Dans ce dossier, « L’Info » jette un regard holistique sur ce secteur.
Au Tchad, la musique n’est pas qu’un simple divertissement. Elle constitue l’une des expressions les plus fortes de l’identité culturelle nationale. Enracinée dans les traditions africaines, elle a longtemps servi de moyen de communication, de transmission des valeurs et de brassage social. Aujourd’hui, elle évolue, s’adapte aux réalités contemporaines et connaît un engouement croissant, aussi bien à l’intérieur qu’au-delà des frontières. Dans un monde où la musique est devenue une industrie à même d’impacter l’économie d’un pays, au Tchad, elle demeure encore en grande partie un loisir. Cette réalité montre combien les défis restent énormes pour que l’artiste puisse avoir un statut précis.
L’on a toujours tendance à écouter dans le milieu culturel que « l’art au Tchad ne fait pas vivre son homme ». Cet état de chose montre une réalité couvée par l’ambiance et les rythmes, « la précarité ». Les artistes musiciens essaient de tracer leur chemin dans un contexte marqué par l’absence d’une politique structurée. Si certains arrivent à se construire une identité leur permettant de décrocher des contrats avec les entreprises, la grande partie reste au niveau d’une musique de passion et de loisir. Ils ne se résument qu’aux concerts sur initiative propre ou sur invitation. Les revenus sont minimes par manque de sponsor et parfois par manque d’une bonne stratégie marketing pour mobiliser le public. De l’autre côté, la redevance à travers le bureau tchadien de droit d’auteur peine à être recouvert auprès des consommateurs. Ce qui fait que les artistes musiciens se retrouvent avec des sommes qui ne sont pas à la hauteur de leurs œuvres d’esprit.
Pour sortir de cette situation, les acteurs s’accordent à reconnaitre que le travail doit être fait en synergie : Etat, producteurs, artistes, investisseurs, sponsor, mécène, etc.
Badoum Oumandé Henri












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