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Est du Tchad : La sécurité préoccupe gouvernement et acteurs humanitaires

Le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, a organisé, le lundi 2 mars 2026, une réunion élargie aux missions diplomatiques et au système des Nations unies. Une rencontre relative aux déplacements des acteurs humanitaires dans l’Est du Tchad.

Cette réunion fait suite aux préoccupations formellement exprimées par plus de sept missions diplomatiques accréditées au Tchad et à une correspondance du coordonnateur résident du système des Nations unies. Ces préoccupations portent notamment sur la levée de l’obligation d’escortes armées pour les déplacements des acteurs humanitaires sur certains axes jugés stabilisés et l’autorisation accordée aux Nations Unies de procéder à des évaluations conjointes des axes, en collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). Des mesures visant à renforcer le dispositif sécuritaire dans les camps de réfugiés.

Pour le Secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères, Dr Djangbeye Guelngar Evariste, le gouvernement tient à réaffirmer, en cette circonstance, son attachement constant aux principes du droit international humanitaire et son engagement à faciliter l’action des partenaires, ceci dans le strict respect de la souveraineté nationale et des impératifs de sécurité publique.

Le Tchad engagé auprès des vulnérables

Selon lui, l’Est du Tchad, en particulier les provinces frontalières avec la région du Darfour, constitue un espace sensible marqué par des dynamiques transfrontalières complexes. Il a affirmé que la persistance des foyers d’instabilité dans cette zone, combinée aux flux continus des populations, impose aux autorités tchadiennes une vigilance permanente et une adaptation constante. «Dans ce contexte, la question des déplacements des acteurs humanitaires ne saurait être appréhendée sous le seul angle logistique. Ceci requiert une approche globale intégrant la protection des personnels humanitaires, la sécurité des bénéficiaires, notamment au sein des camps de réfugiés, la gestion des risques liés aux groupes armés et aux menaces asymétrique et la coordination civilo-militaire », a argué Dr Djangbeye Guelngar Evariste.

Il a en outre précisé que la réunion de ce jour, se veut un cadre de dialogue constructif, franc et transparent. Elle a aussi pour objectif d’une part, de mieux cerner les défis spécifiques liés aux déplacements des acteurs humanitaires ainsi que les problématiques connexes et d’autre part, d’apporter les éléments de réponses claires, structurées et responsables de la part du gouvernement.

La sécurité doit prévaloir

Les représentants des ministères sectoriels, notamment ceux en charge des armées, de la sécurité, de l’administration du territoire, des affaires étrangères et de l’action humanitaires étaient présents afin d’éclairer et de contribuer à l’identification de solutions opérationnelles et pragmatiques.

Au sujet de la cartographie sécuritaire, Dr Djangbeye Guelngar Evariste a souligné qu’il conviendra d’examiner l’opportunité de mettre en place un mécanisme conjoint d’évaluation associant les services compétents de l’Etat et les partenaires, en vue d’aboutir à un document actualisé, fondé sur une analyse partagée des risques et des réalités du terrain. Concernant la sécurité dans les camps de réfugiés, dit-il, le gouvernement est disposé à étudier les modalités d’un renforcement coordonné du dispositif existant, dans le respect du cadre légal national et des standards internationaux en matière de protection des populations civiles.

« La concertation que nous ouvrons aujourd’hui ne constitue pas une fin en soi. Elle donnera lieu à l’élaboration d’une synthèse détaillée des échanges, laquelle sera transmise à la haute hiérarchie pour appréciation et le cas échéant, arbitrage sur les questions nécessitant des orientations de haut niveau », a soutenu Dr Djangbeye Guelngar Evariste. De son point de vue, l’ambition commune doit être d’aboutir à des solutions pragmatiques, opérationnelles et durables, garantissant à la fois la continuité et l’efficacité de l’action humanitaire, la sécurité des personnels et des bénéficiaires et le respect de la souveraineté nationale et les lois de la République.

Jules Doukoundjé

 

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