Le tribunal a examiné une affaire opposant Haoua K., vendeuse au marché de Diguel à trois sœurs qui l’accusent d’être à l’origine du décès de leur mère, lors de l’audience de la 2ème chambre correctionnelle de la cour d’appel de N’Djaména, le mardi 3 mars 2026. Entre démentis de la prévenue et les complications médicales préexistantes, le juge a ordonné un renvoi pour éclaircir les zones d’ombre.
Tout commence par une banale querelle de voisinage au marché de Diguel, à deux pas du commissariat de police. Haoua K. (prévenue), vendeuse se retrouve au cœur d’une bagarre physique violente l’opposant à trois sœurs, également commerçantes. Dans le tumulte de cette altercation à une contre trois, la mère des sœurs intervient pour tenter de séparer les protagonistes ; c’est ici que les versions divergent radicalement. Selon les filles, leur mère aurait reçu des coups portés par Haoua K. lors de son intervention. Pour la prévenue, la version est tout autre. Elle soutient fermement n’avoir jamais touché la vieille dame, affirmant même que cette dernière n’était pas présente sur les lieux au moment des faits. L’intervention rapide des forces de l’ordre mène toute les parties devant l’Officier de Police Judiciaire (OPJ). Dès les premières auditions, les filles pointent la responsabilité de la prévenue, exigeant la prise en charge des frais médicaux pour leur mère, blessée selon elles lors de la bagarre.
Cependant, le dossier prend une tournure dramatique et complexe suite au transfert de la mère au Soudan pour des soins intensifs. Le diagnostic médical tombe : la patiente souffrait d’une insuffisance rénale sévère et d’une tumeur à l’abdomen. Malheureusement, elle décède peu de temps après. Pour les filles, le lien est établi, les coups reçus lors de la bagarre auraient précipité ou même causé la mort de leur mère.
Lors de l’audience, la défense a mis en avant l’état de santé antérieur de la victime pour contester l’accusation d’homicide. Comment distinguer, sur le plan pénal, ce qui relève des coups et blessures volontaires de ce qui relève des pathologies lourdes préexistantes ? L’absence de l’OPJ à l’audience a constitué un point de blocage majeur. Ce dernier avait en effet affirmé dans ses rapports que le décès était imputable aux actes de la prévenue, une conclusion lourde de conséquences que le tribunal souhaite confronter aux éléments du dossier et aux témoignages directs.
Face à la gravité des accusations et à la complexité médicale du dossier, le président de la cour a refusé de rendre une décision hâtive. Le tribunal a ordonné le renvoi du délibéré au 17 mars 2026. Ce délai devrait permettre d’éclaircir les circonstances exactes de l’intervention de la victime et de déterminer si, légalement, les coups portés par Haoua, s’ils sont avérés, peuvent être qualifiés de cause directe ou indirecte du décès, malgré le tableau clinique préexistant de la défunte. Le délibéré du 17 mars devra trancher cette question délicate : Haoua K. a-t-elle simplement participé à une bagarre de marché ou est-elle juridiquement responsable d’une perte de vie humaine ?
Dédjébé Gniyei Achta Winnie












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