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New School Power : Bâtir une industrie culturelle forte

Pendant longtemps, la scène musicale tchadienne semblait figée autour de quelques figures emblématiques. Un constat qui traduit un manque de structuration et d’accompagnement pour les jeunes talents. Le festival New School power mise sur les artistes de la nouvelle génération pour bondir.

Face à cette réalité, Kandenodji Njetein manager d’artistes, entrepreneur culturel et fondateur du festival New School Power passe à l’action. « Il n’y avait pas de place pour les artistes de la nouvelle génération. C’est ainsi que j’ai estimé nécessaire de mettre en place ce festival » explique-t-il. Aujourd’hui, New School Power s’impose progressivement comme un rendez-vous incontournable avec une 5ème édition prévue du 5 au 10 mai 2026.

Plus qu’un simple festival, New School Power se veut une véritable couveuse artistique. L’ambition est d’offrir aux jeunes artistes les outils nécessaires à leur professionnalisation avant de se confronter au public. « L’objectif est de permettre aux jeunes artistes de bien se former avant de monter sur scène », insiste Kandenodji Njetein. À travers des formations, des ateliers et des rencontres, le festival entend combler un vide structurel dans l’écosystème culturel tchadien.

Mais l’initiative va encore plus loin. Elle vise également à créer des passerelles entre les artistes et les acteurs clés de l’industrie. « Nous voulons les connecter avec différents producteurs, mécènes et organisations, tant au niveau national qu’international », précise le promoteur. Au moment où de nombreux jeunes talents peinent à émerger faute d’encadrement, New School Power apparaît comme une plateforme stratégique affirme son initiateur.

Un levier économique sous-estimé

En dehors de l’aspect artistique, Kandenodji Njetein défend une vision économique de la culture. Pour lui, il est temps de repenser les priorités nationales. « Quand on parle de l’économie au Tchad, on fait allusion seulement à l’agriculture, l’élevage, la pêche et le pétrole. On parle très peu de l’industrie culturelle et créative », regrette-t-il. Pourtant, selon un rapport de l’Unesco publié en 2025, les industries culturelles et créatives représentent environ 5,5 % du PIB en Afrique. Un potentiel encore largement inexploité au Tchad. À travers ce festival, Kandenodji Njetein entend donc contribuer à changer les mentalités. « Nous contribuons ainsi à l’économie nationale », soutient-il, convaincu que la culture peut devenir un véritable moteur de croissance.

La 5ème édition du festival, prévue du 5 au 10 mai 2026, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Placée sous le thème « Économie de la culture », elle bénéficie du haut patronage du ministère du Commerce et de l’Industrie. Ce choix thématique traduit une volonté d’ancrer davantage le festival dans les enjeux économiques contemporains tout en sensibilisant les décideurs et les partenaires à l’importance du secteur culturel.

Malgré les avancées, les défis restent nombreux. Le principal obstacle demeure le financement. « Les difficultés sont d’ordre financier », reconnaît le fondateur sans détour. Cependant, ces contraintes n’entament pas sa détermination. « Mais du côté de la vision, nous tenons le cap et nous espérons que ça va aller », se dit-il optimiste.

À travers New School Power, Kandenodji Njetein incarne une nouvelle vision culturelle au Tchad. Celle d’une jeunesse ambitieuse, créative et résolument tournée vers l’avenir. Un pari audacieux mais porteur d’espoir pour toute une génération d’artistes en quête de reconnaissance et d’opportunités.

Man-Ya Allah Gisèle 

 

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