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Editorial

Éditorial : Le Tchad, vulnérable au changement climatique

La communauté internationale a célébré, le 23 mars 2026, la Journée météorologique mondiale sous le thème : « Observer aujourd’hui pour protéger demain ». Ce thème interpelle les populations du monde entier sur leur responsabilité de léguer un environnement vivable aux générations futures. Pour le Tchad en particulier, il constitue une occasion de dresser un état des lieux du changement climatique et de ses effets, tout en se projetant vers l’avenir.

Pays sahélien, le Tchad figure parmi les nations les plus vulnérables au changement climatique. Les alertes liées aux vagues de chaleur, à la sécheresse et aux inondations susceptibles de menacer la sécurité alimentaire et la santé des populations deviennent de plus en plus fréquentes. Cette situation impose une révision du système de gouvernance et une meilleure coordination des acteurs. Ceux-ci doivent agir de manière concertée, plutôt que d’évoluer en ordre dispersé sur le terrain, d’autant plus que la problématique est transversale.

Outre les graves pénuries d’eau, qui engendrent parfois des conflits meurtriers malgré l’existence de ressources hydriques souterraines et de surface, se pose la question de la résilience des populations. La majorité d’entre elles vit de l’agriculture de subsistance et de l’élevage, ce qui rend les zones rurales particulièrement exposées aux effets du changement climatique. Ces populations subissent directement ses impacts, perceptibles à travers la baisse des rendements agricoles, l’irrégularité des pluies et les difficultés d’alimentation du bétail en eau et en pâturage.

Par ailleurs, les émissions des véhicules du gaz carbonique, les déchets industriels et ménagers, ainsi que l’utilisation des combustibles fossiles constituent des sources importantes de pollution. Selon l’Organisation météorologique mondiale, les températures pourraient augmenter de deux degrés Celsius d’ici 2050. Au Tchad, cela pourrait se traduire par des températures maximales avoisinant les 47 degrés Celsius à cet horizon, si aucune mesure significative n’est prise.

Le pays est ainsi confronté à de multiples menaces liées au changement climatique, à la surexploitation des ressources naturelles et à une urbanisation galopante. Certes, de nombreuses initiatives existent pour atténuer ces effets, notamment à travers des projets de reboisement, de résilience agropastorale et de gestion des eaux. Toutefois, le véritable défi réside dans leur mise en œuvre. Bien que le Tchad soit signataire de plusieurs accords et conventions internationales sur le climat, les ressources mobilisées demeurent insuffisantes. Les financements tardent souvent à se concrétiser ou s’avèrent inadaptés aux réalités locales, créant un décalage entre les ambitions affichées et les besoins réels.

Le principe défendu par les organisations environnementales, selon lequel le pollueur doit être le payeur, mérite d’être effectivement appliqué. Or, le pays de Toumaï, déjà durement affecté par le changement climatique, ne saurait être tenu pour responsable de phénomènes qu’il n’a pas provoqués. Et si une contribution devait lui être demandée, elle ne pourrait se faire sans un accompagnement conséquent de la communauté internationale.

La Rédaction

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ATPE

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