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Editorial

Editorial : La gestion des déchets, une urgence nationale

La célébration de la Journée mondiale zéro déchet, le lundi 30 mars 2026, constitue une occasion idéale pour susciter une réflexion approfondie sur la gestion des déchets au Tchad. À la fois défi majeur et impératif de politique publique, cette question revêt une importance capitale.

Les chiffres donnent froid dans le dos. Selon les données de la voirie urbaine, environ 800 tonnes de déchets sont produites chaque jour, rien qu’à N’Djaména. À cela s’ajoute un réel problème d’évacuation vers les sites appropriés. Par ailleurs, un rapport de la société IQAir, multinationale suisse spécialisée dans la qualité de l’air, a classé en 2025 le Tchad au premier rang des pays les plus pollués où la qualité de l’air est particulièrement nocive.

Conscientes de l’impact des déchets sur la santé, l’environnement et la biodiversité, les autorités municipales qui se sont succédé ont tenté de s’attaquer au problème, mais sans résultats probants. Les mauvaises habitudes ont la vie dure. Malgré les efforts consentis depuis plusieurs années, les grandes villes du Tchad continuent de faire face à de graves difficultés en matière d’assainissement. Qu’ils soient ménagers, organiques ou industriels, les déchets augmentent de façon préoccupante sous l’effet conjugué de la croissance démographique et du développement économique.

Face à cette situation, il devient urgent de définir des mécanismes adaptés afin de préserver le bien-être des citoyens et les ressources naturelles, particulièrement vulnérables. En attendant de développer des solutions efficaces de recyclage, l’éducation à l’écocitoyenneté demeure essentielle. À travers de simples gestes quotidiens, chacun peut contribuer à l’assainissement du cadre de vie. Si chaque citoyen prenait soin de nettoyer sa cour et sa devanture, c’est progressivement l’ensemble des villes, et par extension le pays tout entier, qui gagnerait en propreté.

La gestion des déchets exige des moyens conséquents, disponibles en permanence, mais aussi et surtout l’implication de tous. Avec l’instauration de la décentralisation, la participation des communautés à la gestion des affaires publiques devrait favoriser l’émergence de solutions durables. Malheureusement, faute de sensibilisation et d’implication continue, les populations ne se sont pas encore pleinement appropriées ce concept. Cette situation interpelle en premier lieu les communes d’arrondissement, même si les responsabilités sont partagées.

Avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des bacs à ordures ont été installés dans certains espaces. Toutefois, sur le terrain, les mairies, chargées de mettre en œuvre les orientations de l’État, peinent à assurer leur gestion efficace. Le transfert progressif des compétences de l’État vers les collectivités autonomes, accompagné des ressources nécessaires, se poursuit néanmoins.

Le Tchad, qui ambitionne d’être une vitrine de l’Afrique centrale, a tout intérêt à repenser en profondeur sa politique d’assainissement. Il est temps de mobiliser toutes les couches sociales, de responsabiliser les collectivités autonomes, les industries locales ainsi que les multinationales afin qu’elles s’engagent durablement dans ce secteur vital.

La Rédaction

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ATPE

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