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Justice Tchad

Chronique judiciaire : Affaire de meurtre liée au vol d’une moto

La rue Chari-Mongo a été brutalement troublé par une affaire dramatique qui a retenu l’attention de la cour d’appel de N’Djaména. La troisième Chambre correctionnelle a ouvert son audience, le mercredi 1er avril 2026, pour examiner un dossier opposant Mb. aux prévenus Malloum H. et Mahamat A., poursuivis pour meurtre.

Les faits remontent au mois de février 2024. Mb.M., une jeune femme au foyer, regagnait son domicile à moto aux environs de 8 heures, après avoir déposé ses enfants à l’école dans le 7ᵉ arrondissement, au quartier Chari-Mongo. Sur le chemin du retour, elle remarque qu’elle est suivie par deux individus également à moto, identifiés plus tard comme étant Malloum H. et Mahamat A.

Se rendant compte du danger, elle tente de les semer en empruntant des raccourcis pour rejoindre rapidement son domicile. Cependant, les deux individus poursuivent leur filature jusqu’à chez elle. Arrivés sur place, ils tentent de la maîtriser afin de lui dérober sa moto. Ses cris, ainsi qu’un coup de feu tiré par les assaillants, alertent les voisins qui accourent à son secours. Malheureusement, la victime succombe à la blessure par balle qu’elle a reçue. Grâce à l’intervention rapide du voisinage, les deux agresseurs sont appréhendés et remis aux forces de l’ordre. Profondément affecté par ce drame, le mari de la défunte décide de porter plainte afin que justice soit rendue.

La première audience s’est tenue en mars 2025. À la barre, les accusés ont nié les faits qui leur étaient reprochés. Ils ont affirmé avoir agressé la victime sur la voie publique et non à son domicile, tout en niant l’usage d’une arme à feu. Malgré la stratégie de défense développée par leur conseil, leurs arguments n’ont pas convaincu le tribunal. Après examen du dossier et des plaidoiries, le juge a condamné les deux prévenus à dix ans d’emprisonnement ferme, assortis du versement d’une « dia » (compensation). Insatisfait de cette décision, leur conseil a interjeté appel.

Lors de l’audience du mercredi 1er avril 2026, la défense a dénoncé une peine jugée trop sévère, mettant en avant le jeune âge des accusés, présentés comme des élèves et étudiants en quête d’avenir. De son côté, le ministère public, représentant la partie civile, a demandé le maintien de la fermeté de la décision initiale, soulignant la recrudescence des agressions dont sont victimes de nombreux citoyens tchadiens.

Interrogés à nouveau, les prévenus ont reconnu avoir utilisé une arme à feu. Cette déclaration a conduit le procureur à soulever l’infraction de détention illégale d’arme à feu, prévue et réprimée par le Code pénal tchadien de 2017.

Après avoir entendu les différentes parties, le juge a renvoyé le délibéré au 29 avril 2026.

Ngonmadje Chancel

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