La session du Comité ministériel de l’UMAC tenue à N’Djaména, au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale, n’est pas une réunion de routine. Elle intervient à un moment crucial où les économies d’Afrique centrale doivent affronter un environnement international instable tout en consolidant leurs propres équilibres financiers. Dans ce sens, les ministres des Finances membres des États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont un véritable fardeau de responsabilité de définir des orientations capables de préserver la stabilité monétaire.
L’enjeu est de taille. Depuis plusieurs années, les États de la CEMAC s’efforcent de restaurer leurs équilibres macro-économiques à travers une meilleure discipline budgétaire, une gestion plus rigoureuse de la dette publique et une consolidation progressive des réserves de change. Ces efforts, soutenus par les institutions régionales et les partenaires internationaux, ont permis d’éviter des déséquilibres plus profonds et de préserver la crédibilité de la zone monétaire.
Mais ces acquis restent fragiles. L’économie mondiale traverse une période de turbulence accentuée par des tensions géopolitiques persistantes et une forte volatilité des marchés énergétiques. Pour des pays dont les économies demeurent largement dépendantes des matières premières, ces incertitudes représentent un risque réel pour la stabilité budgétaire et financière.
Le Tchad incarne parfaitement cette réalité économique complexe. Pays pétrolier, il tire une part importante de ses ressources publiques de l’exploitation des hydrocarbures. Or, l’instabilité des prix du pétrole rappelle chaque fois la vulnérabilité des économies mono-exportatrices. Lorsque les cours chutent, les recettes publiques s’amenuisent, les équilibres budgétaires se fragilisent et les marges d’investissement se réduisent.
Face à cette réalité, la diversification économique doit être désormais une condition sine qua non de développement. L’Agriculture, l’élevage, les mines, les énergies renouvelables ou encore la transformation industrielle représentent autant de secteurs capables d’élargir la base productive et de réduire la dépendance aux hydrocarbures.
Faut-il encore mobiliser les investissements nécessaires pour valoriser ces ressources et créer des chaînes de valeur locales capables de générer de l’emploi et de la richesse. La stabilité monétaire, assurée par les institutions de la zone CEMAC, est-elle solide ?
C’est précisément là que la coopération régionale et internationale prend tout son sens pour renforcer la résilience économique de l’Afrique centrale face aux chocs extérieurs. Mais pour ce faire, elle doit être accompagnée d’une transformation profonde notamment : la modernisation des administrations publiques, l’amélioration du climat des affaires, la lutte contre les dysfonctionnements économiques et la meilleure efficacité de la dépense publique.
A cela s’ajoutent l’augmentation des échanges commerciaux intra-communautaires, le développement des infrastructures régionales, la facilitation du commerce et la libre circulation des biens et des capitaux.
Pour le Tchad comme pour ses partenaires de la CEMAC, le défi est désormais lourd. Il faut passer des engagements aux résultats. Car au-delà des réunions ministérielles de haut niveau et des déclarations d’intention, ce qui compte c’est la stabilité macro-économique et l’avenir de la sous-région.
La Rédaction











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