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Éditorial : Les infrastructures, socle des Sports

La Coupe de la mairie de N’Djaména fait son grand retour, 20 ans après son arrêt. Le tirage au sort de cette édition de la renaissance s’est tenu le 14 avril 2026. 34 clubs, issus des première et deuxième divisions, sont engagés dans la conquête du trophée, selon une formule à élimination directe. « Nous souhaitons relancer les activités telles que la ville les connaissait autrefois », a déclaré le maire, Senoussi Hassana Abdoulaye, lors de la cérémonie.

Si le sport contribue indéniablement à l’animation d’une ville, il est essentiel de s’attarder sur les cadres dans lesquels il se pratique. Les souvenirs restent vifs : les terrains animés chaque soir, comme ceux de la Police, de l’Hippodrome, la gendarmerie, Klémat, autrefois ou encore de Fest’Africa, où se disputaient certaines rencontres du championnat du Chari-Baguirmi. L’enthousiasme populaire y était palpable, porté par la proximité et l’accessibilité de ces espaces.

Aujourd’hui, nombre de ces terrains ont cédé la place à des infrastructures de développement. Une évolution compréhensible pour un pays engagé dans une dynamique de modernisation. Pour compenser cette perte, le projet de construction de stades municipaux a vu le jour : Diguel (8ème arrondissement), Paris-Congo (6ème), Abena (7ème), Klémat (2ème), entre autres. L’initiative est, en soi, louable, mais qu’en est-il de la qualité et de l’achèvement de ces infrastructures ? En dehors des stades de Paris-Congo et de Diguel, où les travaux ont progressé jusqu’à l’installation de pelouses synthétiques, plusieurs chantiers restent inachevés à l’exemple du stade Idriss Mahamat Ouya. Le constat est aujourd’hui préoccupant. Le mauvais état de certains stades municipaux contraint les pratiquants à se tourner vers des espaces privés, notamment les terrains de maracana, de plus en plus nombreux à N’Djaména. Une alternative qui engendre des coûts supplémentaires et accentue parfois les distances.

Relancer une compétition populaire est une initiative salutaire. Mais en amont, la question des infrastructures doit constituer le socle de toute politique sportive. Car, on ne peut pas jouer au football sans terrain. Les chantiers des stades municipaux doivent ainsi redevenir une priorité pour les autorités en charge des sports, à tous les niveaux. À défaut, ces infrastructures inachevées ou abandonnées risquent de devenir des espaces propices à l’insécurité.

Au-delà de la construction, se pose également la question de l’entretien. Le cas du stade de Diguel en est une illustration. Le constat dressé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abakar Naïr, le vendredi 17 avril 2026, est révélateur : bâtir ne suffit pas, il faut aussi préserver. Des installations de qualité, bien entretenues, sont essentielles pour libérer les potentiels et détecter les talents. Car ces talents existent, souvent dans la rue. Encore faut-il leur offrir des espaces adaptés pour s’exprimer et éclore.

La Rédaction

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