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Corridors transcamerounais : les États veulent réduire les lenteurs du transit

Après trois jours d’échanges à N’Djaména, la 5ème édition du Forum tripartite Cameroun-Tchad-RCA s’est achevée cemercredi 13 mai 2026 sur une série de recommandations destinées à améliorer la circulation des marchandises entre les trois pays. Les participants ont insisté sur la modernisation des infrastructures logistiques, la digitalisation des procédures et la réduction des obstacles qui ralentissent encore le transit sur les corridors transcamerounais.

Organisé par le ministère des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale en partenariat avec la communauté portuaire du Cameroun Port-Synthèse, ce forum a réuni du 11 au 13 mai, les administrations des transports, les acteurs portuaires, les opérateurs économiques et les professionnels de la logistique.

Au terme des travaux, la ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, Fatimé GoukouniWeddey, a indiqué que les discussions ont permis d’évaluer le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors du forum de Kribi en janvier 2024, mais aussi d’identifier les difficultés qui continuent de peser sur la compétitivité des corridors de transit. Elle a rappelé que les corridors reliant les ports camerounais aux pays de l’hinterland constituent des instruments stratégiques pour l’intégration régionale et le développement économique. « Nous devons poursuivre avec détermination nos efforts afin de lever durablement les obstacles qui entravent la fluidité des échanges, réduire les coûts logistiques et renforcer la compétitivité de nos économies », a-t-elle déclaré.

La ministre a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre les recommandations issues du forum, en cohérence avec les orientations du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui place la connectivité et l’intégration logistique parmi les priorités nationales. Elle a par ailleurs évoqué le projet de ligne ferroviaire Ngaoundéré-N’Djaména, dont les études de faisabilité ont été réceptionnées en juin 2024. Selon elle, les autorités tchadiennes entendent poursuivre les efforts pour concrétiser ce projet présenté comme structurant pour les échanges commerciaux extérieurs du pays.

Des recommandations axées sur la fluidité du transit

Au sortir de ces assises, les participants ont adopté plusieurs recommandations destinées à améliorer le fonctionnement des corridors transcamerounais. Parmi les mesures phares figure la reconduction des recommandations du forum de Kribi qui n’ont pas encore été exécutées. Les acteurs ont également plaidé pour la mise en place de procédures simplifiées dans les ports de Douala et de Kribi afin de réduire les délais et les coûts de passage portuaire pour le Tchad et la République centrafricaine.Les participants ont insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des procédures douanières et logistiques à travers une meilleure interconnexion des systèmes d’information entre les administrations camerounaises, tchadiennes et centrafricaines. La poursuite de l’automatisation des opérations de transit via le système NEXUS a également été recommandée.

La question de la sécurité des corridors a occupé une place importante dans les discussions. Les acteurs ont à cet effet, appelé au renforcement de la lutte contre les surcharges des camions afin de préserver les infrastructures routières, mais aussi à l’extension du fonctionnement en continu de certains points de contrôle stratégiques, notamment celui de Ngaoundéré.Les participants ont également recommandé l’achèvement des travaux d’aménagement de la sortie Est de Douala jusqu’à la Dibamba.

Sur le plan institutionnel, le forum a proposé une évolution du cadre actuel vers un forum quadripartite intégrant le Niger aux côtés du Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine. Cette extension permettrait, selon les participants, de renforcer davantage la coopération logistique et commerciale dans l’espace sous-régional.

La construction de ports secs au Tchad et en République centrafricaine ainsi que la viabilisation des espaces concédés à ces deux pays dans les ports camerounais figure aussi parmi les recommandations. Les délégations ont enfin, plaidé pour la signature dans un délai de six mois, des conventions révisées relatives au transport des marchandises entre le Cameroun et le Tchad d’une part, et entre le Cameroun et la République centrafricaine d’autre part, afin d’adapter le cadre juridique aux nouvelles réalités du commerce sous-régional.

Sikngaye Tamaltan Inès

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