La Journée internationale d’action pour la santé des femmes est célébrée chaque 28 mai depuis 1987, à la suite de l’appel lancé au Costa Rica par le Réseau pour la santé des femmes d’Amérique Latine et des Caraïbes. Cette journée met l’accent sur la prévention de la mortalité maternelle en favorisant l’accès des filles, des femmes et des organisations féminines à des informations spécialisées en matière de santé. Elle vise également à promouvoir une assistance médicale de qualité ainsi qu’un meilleur accès des femmes aux soins de santé.
Les actions menées portent notamment sur la prévention de la morbidité maternelle liée à la grossesse, à l’accouchement ou encore aux avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées. Comment comprendre qu’au XXIe siècle, des femmes continuent encore de perdre la vie en donnant naissance, malgré les avancées scientifiques et technologiques ? Ce drame marque profondément les familles et freine le développement des pays où les taux de mortalité maternelle restent élevés.
Au Tchad, selon les données de l’Institut national de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED), environ 860 femmes sur 100 000 meurent en donnant la vie, soit près d’une femme sur sept. Ce taux alarmant constitue un véritable frein au développement social et économique du pays. Pourtant, selon les spécialistes de la santé, la plupart des causes de décès liés à la grossesse et à l’accouchement sont évitables. À l’origine de ce fléau figurent la faiblesse des structures sanitaires, les inégalités dans l’accès à l’information, aux soins et à la prise en charge de certaines pathologies telles que le paludisme ou les infections.
Cette situation demeure préoccupante pour le gouvernement et ses partenaires, car la santé de la femme est avant tout un droit fondamental. En tant que citoyenne, mère et pilier de la société, elle doit bénéficier de conditions adéquates lui permettant de traverser sereinement la grossesse et l’accouchement sans complications majeures. C’est dans cette logique que le gouvernement et ses partenaires multiplient les initiatives et les stratégies. La plus récente s’est concrétisée en 2025 par la mobilisation du secteur privé, notamment de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture des Mines et de l’Artisanat (CCIAMA) et du patronat, autour des questions de santé reproductive.
Pour briser ce cycle de précarité sanitaire, les acteurs économiques tchadiens sont appelés à faire de la santé maternelle un véritable levier de croissance. Investir dans la santé des femmes, c’est aussi renforcer une force de travail essentielle au regard de la démographie du pays. Cela passe avant tout par la prévention, la sensibilisation et une meilleure prise en charge des femmes enceintes. Le Tchad, pays en voie de développement, a besoin de toutes ses ressources humaines pour concrétiser ses ambitions. Il n’est plus acceptable que des femmes continuent de perdre la vie en donnant naissance.
Que cette journée inspire davantage les décideurs à redoubler d’efforts pour réduire drastiquement la mortalité maternelle. Il est également impératif de rapprocher les femmes et les jeunes filles des structures sanitaires et de leur garantir un accès équitable aux informations et aux soins liés à leur santé.
La Rédaction












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