À quelques semaines des élections législative et sénatoriale partielles prévues les 20 et 21 juin 2026, les enjeux politiques et démocratiques se précisent. Entre respect du Code électoral, encadrement des campagnes sur les réseaux sociaux et défis liés à l’actualisation du fichier électoral, ces scrutins constituent un test grandeur nature pour les candidats en lice comme pour l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE).
Par décret n°1017/PR/2026 du 22 mai 2026 et conformément à l’article 39 du Code électoral, les électeurs de la circonscription électorale de Haraze Al-Biar, dans la province du Hadjer-Lamis, sont convoqués aux urnes pour l’élection législative partielle prévue les samedi 20 et dimanche 21 juin 2026. Conformément à l’article 49 du Code électoral, les électeurs nomades voteront durant ces deux journées, tandis que les membres des forces de défense et de sécurité accompliront leur devoir civique le samedi 20 juin avant d’être consignés dans les casernes le lendemain, conformément à l’article 50 du même texte.
Dans cette perspective, le président du Conseil constitutionnel, Me Jean-Bernard Padaré, a rendu publique, le jeudi 21 mai 2026, la liste définitive des candidats retenus pour les élections législative et sénatoriale partielles. Six candidats briguent ainsi le siège de député du département de Haraze Al-Biar, vacant à la suite du décès de la députée Haoua Outhman Djamé. Il s’agit de : Aza Ahmat Acyl du parti Paix et Cohésion Sociale (PCS), Ouada Mahamat Maouloud du Congrès National pour le Développement et la Renaissance (CNDR), Bichar Chonko Ahmat du Mouvement Patriotique du Salut(MPS), Abdelrassoul Terap Ahmat du Mouvement pour l’Unité et le Renouveau (MUR), Youssoura Adam du PPD, Allami Gougou pour l’Alliance 43/5ème République.
Dans la province du Chari-Baguirmi, quatre candidats sont en lice pour l’élection sénatoriale partielle organisée afin de remplacer Mariam Mahamat Nour, nommée vice-présidente de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Les candidats retenus sont : Bichara Abderamne Moussa du MPS, Saleh Mahamat Bineye du MUR, Adoum Djibrine Hisseine du PCDD, Souraya Mahamat Djaranabi pour l’Alliance 43/5ème République.
L’ANGE rappelle à l’ordre les candidats
Alors que certains candidats ont déjà entamé des activités de campagne sur les réseaux sociaux, l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) a rapidement réagi en rappelant au respect strict des dispositions du Code électoral. L’institution a exigé le retrait, dans 24 heures, des publications jugées contraires à la réglementation électorale, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension ou au retrait des candidatures concernées. L’ANGE s’appuie notamment sur l’article 132 du Code électoral qui stipule : « Nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors des périodes prévues à cet effet». L’agence a également rappelé aux partis politiques, regroupements de partis et candidats indépendants leur obligation de se conformer strictement aux dispositions légales afin de préserver la sérénité du processus électoral.
Des enjeux politiques et démocratiques majeurs
Au-delà du renouvellement des sièges vacants, ces élections partielles revêtent une importance politique et démocratique particulière. Elles constituent d’abord un test de discipline et de responsabilité pour les candidats appelés à respecter les règles encadrant la campagne électorale. Dans un contexte marqué par l’influence croissante des réseaux sociaux sur le débat public, les acteurs politiques sont invités à faire preuve de retenue dans leurs prises de parole afin d’éviter les injures, les diffamations et les discours haineux susceptibles de fragiliser le climat sociopolitique.
À l’ère des technologies de l’information et de la communication, où les messages circulent rapidement et peuvent produire des effets immédiats, le respect des consignes de l’ANGE apparaît comme une exigence essentielle pour garantir un scrutin apaisé. Par ailleurs, les candidats sont également appelés à ne pas proclamer eux-mêmes les résultats avant les annonces officielles de l’ANGE pour les résultats provisoires et du Conseil constitutionnel pour les résultats définitifs. Une disposition fondamentale pour préserver la crédibilité et la transparence du processus électoral.
Le défi de l’actualisation du fichier électoral
Un autre défi majeur se pose pour l’ANGE : celui de la révision partielle du fichier électoral dans les délais impartis. Deux ans après les précédentes consultations électorales, plusieurs changements démographiques ont pu intervenir, notamment l’arrivée de nouveaux électeurs ayant atteint l’âge de voter, les décès, les déplacements de populations ou encore les migrations internes. Autant de facteurs qui soulèvent la question de l’actualisation du fichier électoral afin de garantir des élections transparentes, crédibles et inclusives.
Ces scrutins partiels seront ainsi observés de près, tant pour leur portée politique que pour la capacité des institutions électorales à assurer un processus conforme aux exigences démocratiques.
Badour Oumar Ali












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