Célébrée chaque année le 28 mai, la Journée internationale d’action pour la santé des femmes vise à défendre les droits reproductifs, lutter contre les inégalités de genre dans l’accès aux soins et promouvoir une approche globale de la santé féminine tout au long de la vie. Au Tchad, la question de la responsabilité des femmes vis-à-vis de leur propre santé demeure une préoccupation. Médecins et spécialistes mettent l’accent sur la prévention, le suivi médical et l’adoption de bonnes habitudes de vie.
Pour Fatima M, femme au foyer et mère de quatre enfants, la prise en charge de la santé de la femme dépend en grande partie de l’homme. « Si l’homme ne me donne pas d’argent, où est-ce que moi, femme sans emploi, je trouverai les moyens de prendre soin de ma santé ? Quelle que soit ma maladie, j’attends d’abord qu’il me donne quelque chose. Bien sûr, si j’en ai aussi, je peux parfois l’aider », déclare-t-elle.
Cependant, la santé de la femme ne se limite pas uniquement à une question de moyens financiers. Zannouba A. reconnaît avoir des difficultés à suivre les recommandations médicales. Diabétique, elle admet ne pas respecter régulièrement son traitement. « Le médecin me conseille de boire suffisamment d’eau, de pratiquer du sport et d’éviter certains aliments. J’avoue que je n’arrive pas à respecter ces consignes tout le temps. Même mes médicaments, je les prends seulement au début ; dès que je me sens mieux, j’abandonne», affirme-t-elle. Elle explique toutefois que grâce au suivi rigoureux de son époux, elle respecte davantage les consignes médicales afin d’éviter des disputes au sein du foyer. Elle reconnaît également que ces efforts lui permettent de maintenir un meilleur état de santé.
Dr Ahmat Khamis Goudy, médecin généraliste, estime que certaines femmes prennent effectivement soin de leur santé, tandis que d’autres rencontrent davantage de difficultés, en raison de contextes variés. « La santé de la femme est un sujet d’actualité. Si certaines n’arrivent pas à prendre soin d’elles-mêmes, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : les difficultés financières, l’ignorance, les pressions familiales ou encore le suivisme », explique-t-il. Selon lui, de nombreuses femmes relèguent leur santé au second plan à cause des responsabilités familiales, du travail ou parce qu’elles considèrent la fatigue et la douleur comme normales. « Le problème n’est pas toujours un manque de volonté, mais souvent un manque de temps, de soutien et parfois d’information. Lorsque les conditions sont réunies, on constate que les femmes sont très actives dans le suivi de leur santé », poursuit-il.
Le médecin souligne également que la santé reste avant tout une responsabilité personnelle. Toutefois, attendre systématiquement tout de l’homme peut parfois entraîner des difficultés, notamment lorsque ce dernier n’est pas disponible ou manque de moyens financiers.
Pour lui, le rôle de l’homme consiste à apporter un soutien moral, matériel et financier. « La santé du couple fonctionne mieux lorsqu’elle est considérée comme une responsabilité partagée », insiste-t-il. Dr Ahmat Khamis Goudy rappelle, par ailleurs, que le manque de temps, la fatigue, l’oubli, le coût des soins ou encore la complexité des traitements ne doivent pas constituer des raisons de négliger sa santé.
Il conseille aux femmes de privilégier les bilans de santé de base, de pratiquer au moins vingt minutes de marche rapide par jour, de suivre correctement les prescriptions médicales lorsqu’elles sont malades ou ont besoin d’assistance, mais aussi de boire suffisamment d’eau et de dormir convenablement.
Naïma Ahmed Beïn












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