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Éditorial: La défiance doit cesser

Lors de sa récente rencontre de prise de contact avec les représentants des opérateurs de téléphonie mobile, le 4 juin 2026, le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a tapé du poing sur la table.  Il a tenu un langage de vérité face à des opérateurs régulièrement accusés de fournir des services de qualité déplorable.

Qualité du réseau défaillante, appels interrompus, connexion internet lente, lignes souvent injoignables : telles sont, entre autres, les préoccupations soulevées par le ministre. En réponse, ses interlocuteurs ont invoqué la pénurie et le coût élevé du carburant alimentant leurs sites de transmission. Un argument qui peine à convaincre.

Le constat est préoccupant. Jusqu’à quand les consommateurs devront-ils subir le diktat de ces sociétés de téléphonie mobile ? Mesurent-elles réellement les conséquences de ces dysfonctionnements sur la vie sociale et économique du pays ? À l’ère du numérique, les télécommunications constituent un levier essentiel du développement. Tout retard dans ce domaine se répercute inévitablement sur les autres secteurs d’activité.

Ces dernières années, les plaintes des usagers se sont multipliées, à mesure que croissent les besoins de communication et l’ouverture du pays au reste du monde. Compte tenu de l’importance stratégique de leurs services, les explications récurrentes des opérateurs sur leurs difficultés techniques ou logistiques n’émeuvent plus grand monde. Les consommateurs attendent désormais des solutions concrètes. Un point, c’est tout.

C’est, d’ailleurs, dans cet esprit que le ministre a réagi avec fermeté : « Le problème du carburant n’est pas le nôtre. C’est à vous de chercher le carburant, n’importe où et à n’importe quel prix », a-t-il lancé, tout en exhortant les opérateurs à explorer d’autres sources d’énergie.

Le message est clair. La tolérance a atteint ses limites. La mise en garde l’est tout autant. Les responsables locaux de ces entreprises pourraient voir leur position fragilisée si la qualité des services ne s’améliore pas rapidement. Une lettre a déjà été adressée aux sièges d’Airtel Group et de Moov Africa Group afin qu’ils dépêchent des délégations à N’Djaména pour examiner la situation.

Un appel pressant est également lancé aux deux opérateurs pour qu’ils mettent fin à leurs incompréhensions et cessent de faire la sourde oreille aux préoccupations des autorités et des citoyens. De son côté, l’État tchadien affirme avoir pris ses responsabilités en déployant la fibre optique et en installant 200 nouveaux sites de transmission. En toute logique, ces investissements devraient se traduire par une amélioration sensible de la qualité du réseau.

Si, malgré les avertissements, les recommandations et les menaces de sanctions, la situation demeure inchangée, la question de la défiance à l’égard de l’autorité de l’État se posera inévitablement. D’autant plus que les mêmes plaintes et inquiétudes ont été exprimées à plusieurs reprises par les ministres successifs en charge des Télécommunications, sans résultats probants.

Aujourd’hui, malgré les injonctions et les mises en garde, les deux opérateurs continuent de donner le sentiment de défier l’État et d’ignorer les attentes légitimes des citoyens. Il est temps que les engagements annoncés soient suivis d’effets. C’est à ce prix seulement que pourra être rétablie la confiance, pour le bien de tous les Tchadiens.

La Rédaction

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ATPE

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