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Santé

Éditorial : Produire au Tchad, une urgence sanitaire et stratégique

La 25ᵉ édition du Forum Pharmaceutique International, s’est tenue, du 9 au 11 juin 2026 à N’Djaména. Ce rendez-vous majeur a réuni des pharmaciens, des décideurs, des chercheurs, des experts, des professionnels de santé ainsi que des partenaires internationaux autour des enjeux liés à l’accès aux médicaments, à leur production locale et au renforcement des systèmes de santé. Placée sous le thème du renforcement de l’accès aux soins de santé, cette rencontre vise à promouvoir la production locale des médicaments et à relever les nombreux défis auxquels est confronté le secteur pharmaceutique africain. Des participants venus de 37 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie ont pris part aux travaux.

Cette rencontre nous invite à nous interroger : 14 ans après la pose de la première pierre de la Centrale pharmaceutique de Mandjafa par le défunt Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, où en sommes-nous aujourd’hui ? Après 66 ans d’indépendance, notre pays n’arrive pas à produire localement des vaccins et des produits de santé essentiels. Pourtant, les besoins sont immenses et les défis sanitaires persistent. Lors du forum, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales de production afin de garantir la disponibilité des médicaments et d’améliorer les services de santé. « La meilleure solution pour garantir l’accès aux médicaments, améliorer leur disponibilité et renforcer la qualité des services de santé consiste à mettre en place des unités nationales de production pharmaceutique », a-t-il déclaré.

La question de la production locale des médicaments s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux défis des systèmes de santé africains. Au cœur des débats du 25ᵉ Forum Pharmaceutique International de N’Djaména, les experts ont mis en lumière les opportunités qu’offre le développement d’une industrie pharmaceutique africaine capable de répondre aux besoins croissants des populations du continent.

La pandémie de Covid-19 a révélé avec brutalité les limites de la dépendance de nombreux pays africains vis-à-vis des importations de produits de santé. Les ruptures d’approvisionnement, les difficultés logistiques et la concurrence mondiale pour l’accès aux vaccins ont démontré l’importance stratégique de disposer d’une capacité de production locale.

Pour le Tchad, l’enjeu dépasse la simple souveraineté industrielle. Il s’agit avant tout d’une question de santé publique. Garantir la disponibilité des médicaments, des vaccins et des produits de santé essentiels est une condition indispensable pour améliorer les soins et sauver des vies.

Chaque année, des milliers de Tchadiens continuent de souffrir, voire de mourir, de maladies pourtant évitables ou traitables telles que le paludisme, le choléra, la rougeole ou encore les hépatites. Face à cette réalité, les discours ne suffisent plus. Il est temps de transformer les ambitions en actions concrètes, en investissant dans les infrastructures, la formation, la recherche et l’industrie pharmaceutique nationale.

Le Forum Pharmaceutique International a rappelé une évidence : l’avenir sanitaire de l’Afrique passe aussi par sa capacité à produire elle-même les médicaments dont elle a besoin. Le Tchad ne doit pas rater

 ce rendez-vous avec l’histoire.

La Rédaction

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ATPE

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