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Arbitrage: Les femmes s’y intéressent davantage

Sur les terrains de football du Tchad, elles sont encore peu nombreuses. Pourtant, elles gagnent du terrain dans un univers longtemps dominé par les hommes et tracent progressivement leur chemin malgré de nombreux obstacles.

Des jeunes femmes ont choisi de troquer les crampons contre le sifflet. Parmi elles, Ndorembaye NgarasbéSandrine. Agée de 21 ans, elle ambitionne devenir arbitre internationale. Pour elle, cette vocation dépasse largement le cadre sportif. Selon elle, elle veut prouver à ses parents qu’on peut bâtir son avenir sur le sport en général et l’arbitrage en particulier. Cette volonté de réussir est nourrie par les exemples de ses aînées quireprésentent le Tchad à l’étranger. « Je suis inspirée par mes aînées qui font briller le Tchad à l’extérieur. Je me suis dit : pourquoi pas moi aussi ? J’y arriverai un jour», affirme-t-elle.

L’arbitrage représente également pour elle, une manière de prendre sa revanche sur les préjugés. « Je voudrais montrer à ceux qui m’ont négligée que je serai quelqu’un demain », ajoute-t-elle. Elle déclare avoir nourri cette ambition quand elle était joueuse et qu’elle rêvait d’être comme Aïcha qui fait respecter les règles sur le terrain. « Mon coach ne m’avait pas donné cette opportunité, mais Dieu merci, en 2024-2025, j’ai finalement embrassé cette carrière pour faire de mon rêve une réalité », précise-t-elle.

Aujourd’hui, après avoir suivi une formation, elle affiche une confiance. « Maintenant que j’ai été formée, j’ai trouvé la confiance qu’on ne m’avait jamais donnée. Je compte saisir cette opportunité et surmonter les difficultés par le travail ».

Un modèle de réussite

Hormis Ndorembaye Ngarasbé Sandrine, une autre femme incarne déjà cette réussite. Il s’agit de l’arbitre internationale, Aïcha Madjiornom Bit Oumarou.Étudiante à l’Institut national de la jeunesse et des Sports (INJS), elle se souvient encore de ses débuts.Elle indique que son parcours dans l’arbitrage a commencé grâce à sa passion pour le sport et à son désir de mieux comprendre les règles du jeu.

Les compétitions locales ont constitué ses premiers terrains d’apprentissage avant que le travail et la persévérance ne lui ouvrent les portes des compétitions nationales puis internationales. Aujourd’hui, son statut d’arbitre internationale, représente l’aboutissement de plusieurs années d’efforts. « Être arbitre internationale représente pour moi une grande responsabilité et une immense fierté », confie-t-elle.

Malgré les obstacles, les contraintes et les préjugés auxquels les femmes sont confrontées dans le milieu sportif, elle encourage les jeunes filles à croire en leurs capacités. « Les obstacles existent, mais ils ne doivent jamais être un frein à l’ambition. Avec de la détermination et de la discipline, il est possible d’atteindre les plus hauts niveaux ».

Une vision ambitieuse pour l’avenir

Derrière ces parcours individuels se trouve un travail de fond mené par la Ligue nationale de football féminin (LINAFF). Sa présidente, Memtingar Viviane, considère les arbitres femmes comme maillon essentiel du développement du football féminin. « Le développement du football féminin passe nécessairement par un arbitrage féminin compétent, crédible et visible », souligne-t-elle.

Pour atteindre cet objectif, la Ligue mise d’abord sur la formation. Elle souligne que des stages de formation, de recyclage et de perfectionnement sont régulièrement organisés afin de permettre aux arbitres féminines de maîtriser les Lois du Jeu ainsi que les nouvelles directives de la Fédération internationale de football association (FIFA) et de la Confédération africaine de football (CAF) ».

L’accompagnement des jeunes talents constitue également une priorité. Des jeunes arbitres prometteuses dans les provinces ont été identifiées et accompagnées à travers un système de mentorat et d’évaluations techniques. Selon la présidente de la ligue nationale de football féminin, le Tchad compte aujourd’hui vingt arbitres féminines réparties sur l’ensemble du territoire national, dont quatre arbitres internationales. Parmi elles figurent Aïcha Bit Oumarou et Ngarassoum Victorine, déjà appelées à officier lors de compétitions sous-régionales et à participer à plusieurs regroupements organisés par la FIFA et la CAF. Elle reconnait que les principales difficultés demeurent l’insuffisance des formations continues dans certaines provinces, le manque de moyens logistiques et la faible représentation des femmes dans les instances techniques. Les préjugés socioculturels, le mariage et certaines réalités socialesqui pèsent sur la carrière des arbitres, n’ont pas été occultés.

Malgré ces défis, la Ligue reste optimiste. « Nous sommes convaincus que lorsque les femmes bénéficient des mêmes opportunités que les hommes, elles peuvent exceller dans l’arbitrage et contribuer pleinement au développement du football », a-t-elle conclu.

Man-Ya Allah Gisèle

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