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Environnement

Désertification et sécheresse : L’urgence de restaurer les parcours pastoraux

La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse est célébrée ce mercredi 17 juin 2026 sous le thème : « Parcours pastoraux : reconnaître, respecter, restaurer ». Une thématique qui a tout son sens au Tchad, confronté à une instabilité climatique persistante favorisant la sécheresse et la dégradation des terres.

Pays d’Afrique centrale, le Tchad figure parmi les États les plus touchés par la désertification et la sécheresse sur le continent africain. Une grande partie de son territoire se situe dans la bande sahélienne, fortement exposée aux conditions climatiques extrêmes. Cette instabilité climatique a des conséquences directes sur les pâturages, mettant en péril les activités pastorales et les moyens de subsistance des communautés rurales.

Le thème de cette édition met en lumière l’importance de reconnaître la valeur économique, écologique et culturelle des parcours pastoraux. Dans un contexte marqué par la rareté de l’eau et l’assèchement temporaire de certains cours d’eau, de nombreuses populations ont tendance à se regrouper autour des points d’eau disponibles, accentuant ainsi la pression sur les ressources naturelles. Paradoxalement, les épisodes de fortes pluies, souvent supérieurs à la normale, entraînent également des inondations, révélant davantage la vulnérabilité des communautés face aux aléas climatiques.

Pour Djimasngar Madjidé, cadre au ministère de l’Eau et de l’Énergie ayant participé à l’élaboration et à la validation des études et stratégies environnementales au Tchad, cette journée instituée par les Nations unies vise à alerter les États sur les dangers de la désertification. « C’est l’ensemble du pays qui subit les effets de la sécheresse depuis plus de deux décennies », affirme-t-il.

Lingénieur en développement rural explique que l’ensablement des terres agricoles et la perte du couvert végétal entraînent une baisse des rendements agricoles, une diminution des revenus de production ainsi qu’un exode rural croissant.

Selon lui, la pertinence du thème de cette année s’inscrit dans un contexte spécifique à chaque pays. iI estime que les textes réglementaires encadrant les parcours pastoraux, élaborés dans les années 1960, sont aujourd’hui dépassés. « Il faut réécrire de nouveaux textes en prenant en compte la démographie, la rareté des ressources pastorales ainsi que d’autres enjeux majeurs », souligne-t-il.

Du point de vue de l’ingénieur, la désertification affecte directement l’agriculture et l’élevage, deux piliers essentiels de l’économie tchadienne. Il explique que les surfaces cultivables se réduisent, la pluviométrie devient de plus en plus instable et les ressources en eau et en fourrage restent insuffisantes dans une grande partie du pays, occasionnant parfois d’importantes pertes de bétail.

Face à cette situation, leTchad met en œuvre plusieurs actions pour lutter contre la désertification, notamment l’organisation de la Semaine nationale de l’arbre, le développement de projets de restauration des sols et de la biodiversité, la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte avec les autres pays sahéliens, ainsi que la révision de la loi 14 sur la protection de l’environnement.

Enfin, Djimasngar Madjidé recommande plusieurs stratégies d’adaptation aux producteurs. Il invite les agriculteurs à développer les cultures de contre-saison et l’agroforesterie. Quant aux éleveurs, il les encourage à évoluer vers un élevage plus intensif, appuyé par la culture fourragère, et à réduire progressivement le pastoralisme au profit de l’agro-pastoralisme.

Naïma Ahmed Beïn

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