La Journée mondiale de la drépanocytose est célébrée chaque 19 juin de l’année. L’édition de 2026 est placée sous le thème « Réduire l’écart de survie : équité dans la drépanocytose, chaque enfant drépanocytaire mérite les mêmes chances de vivre, de grandir et de s’épanouir ». Au Tchad, cette maladie génétique héréditaire est encore peu connue, alors que les examens prénuptiaux constituent un moyen sûr de prévention.
La drépanocytose est une maladie héréditaire que les parents transmettent aux enfants. Elle affecte l’hémoglobine. Selon le pédiatre, Dr Abdoulaye Mahamat Zenabdine, les cas de drépanocytose sont récurrents et préoccupants ces derniers temps au Tchad. Il explique que la maladie est causée par une mutation de gêne qui est responsable de la formation des protéines transportant l’oxygène appelé l’hémoglobine. La transmission de cette maladie n’est pas unilatérale, elle est bilatérale, c’est-à-dire elle provient du père et de la mère. Les symptômes commencent à partir de six mois, avec des pieds qui s’enflent et des infections respiratoires à répétition, des crises anémiques à répétition et des douleurs osseuses.
« Si la mère et le père sont porteurs de ‘’AS’’, il y a une probabilité que le père donne un S à l’enfant et la mère donne un S pour former un enfant SS qui est d’office drépanocytaire. Par contre, l’enfant qui naît AS est sain, il n’est pas drépanocytaire. Dans un couple qui porte AS, il y a une probabilité que 25 % des enfants soient drépanocytaires. Tous les enfants qui naîtront de ce couple-là ne sont pas forcément drépanocytaires », éclaire Dr Abdoulaye Mahamat Zenabdine.
Le professionnel de santé souligne que l’examen de l’électrophorèse sert à diagnostiquer la drépanocytose. Ainsi, il invite les Tchadiens à faire des examens avant le mariage. Il précise qu’on ne peut prévenir cette maladie qu’en faisant des examens prénuptiaux. « Il y a une autre forme de prévention à faire. Par exemple, on fait l’électrophorèse du liquide amniotique pour savoir si le fœtus est drépanocytaire, avant qu’il se constitue pour être un enfant, avant qu’il se développe. Malheureusement, au Tchad cela n’est pas encore possible. Si l’électrophorèse d’hémoglobine révèle que l’enfant porte les germes de la drépanocytose, on peut anticiper », ajoute-il.
Un suivi régulier entraine une longévité
Les produits prescrits aux personnes souffrant de la drépanocytose pour éviter les crises et les anémies et pour améliorer la croissance des enfants, sont l’acide folique, l’hydroxycarbamide et les vaccinations et transfusions sanguines. « S’il y a un manque de suivi, l’enfant va entrer dans des complications. Mais s’il y a un suivi régulier, on évite les complications. On décèle à temps le début des complications et on les traite. Donc, s’il y a une prise en charge normale, l’enfant peut vivre comme les autres. « Nous avons des patients qui ont 40 ans, 50 ans », affirme Dr Abdoulaye Mahamat Zenabdine.
Il renseigne que les enfants drépanocytaires ne doivent pas être exposés au froid extrême et à la chaleur extrême. « Il faut que l’enfant drépanocytaire prenne beaucoup d’eau et de manière régulière chaque jour. Les drépanocytaires peuvent manger tous les aliments, mais il est préférable de privilégier ceux riches en protéines », conseille-t-il.
Kary Amadou












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