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Economie

Éditorial : Attirer durablement les investisseurs

Aucun pays ne s’est durablement développé sans un secteur privé fort, dynamique et créateur de richesses. Cette réalité est désormais bien comprise au Tchad. Pourtant, malgré les nombreuses initiatives engagées ces dernières années pour améliorer le climat des affaires, les résultats restent encore en deçà des attentes.

L’un des principaux obstacles demeure un cadre réglementaire jugé à la fois complexe, peu lisible et parfois dissuasif. Pour lever ces contraintes, des réformes profondes s’imposent. Comme le dit l’adage, « aux grands maux, les grands remèdes ». C’est dans cet esprit que s’inscrivent les différentes actions entreprises ces derniers mois. La plus récente est l’atelier organisé les 25 et 26 juin 2026 par le Ministère du Commerce et de l’Industrie, en collaboration avec le Ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale. Cette rencontre vise à définir une feuille de route capable de renforcer la compétitivité de l’économie nationale et de bâtir un environnement plus attractif, plus incitatif et plus compétitif.

Les diagnostics réalisés par les experts dressent un constat sans complaisance. L’environnement des affaires demeure pénalisé par la lourdeur des procédures administratives, la complexité des textes, l’insécurité juridique et les nombreuses incertitudes auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques. Autant de facteurs qui freinent les investissements et limitent les ambitions du secteur privé.

Pourtant, le Tchad dispose d’atouts considérables. Son potentiel économique est réel et son capital humain constitue un levier important pour la croissance. Encore faut-il que les investisseurs évoluent dans un environnement où les règles sont claires, les procédures simplifiées et les institutions crédibles. Car si les investisseurs choisissent un pays pour les opportunités qu’il offre, ils y restent avant tout parce qu’ils ont confiance en son cadre économique, juridique et administratif. Cette confiance repose sur des institutions efficaces, une administration performante et une volonté politique constante de lever les obstacles à l’investissement.

L’élaboration de la matrice des réformes du climat des affaires traduit cette volonté de transformer les intentions en résultats concrets. Cinq priorités ont été retenues : l’amélioration de l’accès aux services essentiels, le financement des micros, petites et moyennes entreprises, la facilitation du commerce transfrontalier, la transformation numérique de l’administration économique et le renforcement du dialogue public-privé. Si ces réformes sont effectivement mises en œuvre, elles permettront au secteur privé de jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance, de la création d’emplois et de la production de richesses.

Au-delà des textes et des stratégies, la réussite de ces réformes dépendra également des femmes et des hommes chargés de les appliquer. Les compétences, l’intégrité et le sens de l’intérêt général devront guider l’action publique. Le dialogue engagé entre l’État et le secteur privé doit désormais déboucher sur des décisions concrètes. Car le Tchad continue de payer le prix de l’instabilité, de l’insécurité et du manque de confiance des opérateurs économiques. L’amélioration du climat des affaires n’est donc pas une option. Elle constitue une condition indispensable pour attirer durablement les investisseurs, stimuler l’entrepreneuriat et engager le Tchad sur la voie d’une croissance solide, inclusive et durable.

La Rédaction

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