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Budget public et communal : Des journalistes outillés pour mieux informer les citoyens

Trente professionnels des médias venus de N’Djaména et des provinces participent, du 30 juin au 1er juillet 2026, à un atelier de renforcement des capacités sur le budget public et communal. Organisée par le Centre d’Étude et de Recherches sur la Gouvernance, les Industries Extractives et le Développement durable (CERGIED), avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et d’Oxfam, cette formation vise à améliorer la compréhension des mécanismes budgétaires afin de renforcer la transparence et la redevabilité au Tchad.

Il s’agit aussi de comprendre comment se construit un budget, qui le prépare, qui l’exécute et qui en contrôle la gestion. Pendant deux jours, ces questions sont au cœur des échanges entre experts et journalistes réunis à N’Djaména. L’ambition est de donner aux professionnels des médias les outils nécessaires pour traiter les questions budgétaires avec davantage de rigueur et les rendre accessibles au grand public. D’après l’économiste Mbairassem Simael, à l’issue de cette formation, les participants devront être capables de maîtriser l’architecture du budget de l’État tchadien. Ils apprendront à identifier les différents acteurs qui interviennent dans l’élaboration, la mise en œuvre, le contrôle et l’évaluation des finances publiques, mais aussi à utiliser les principaux instruments de transparence budgétaire disponibles au Tchad.

Cet atelier s’inscrit dans le projet « Renforcement du pouvoir citoyen pour la réduction des inégalités », mis en œuvre par le CERGIED en partenariat avec Oxfam et avec le soutien financier de l’Agence française de développement. Pour professeur Maoundonodji Gilbert, directeur général du CERGIED, cette initiative repose sur une conviction ou des citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs peuvent influencer la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques. Dans cette dynamique, le journaliste occupe une place particulière. « Le journaliste est un citoyen averti qui peut contribuer à sensibiliser la population, à éveiller les consciences et à encourager les citoyens à exercer pleinement leurs droits tout en assumant leurs responsabilités », a-t-il souligné.

Le projet entend agir sur des inégalités qu’il qualifie de multidimensionnelles. Elles concernent aussi bien les rapports de pouvoir, notamment entre les hommes et les femmes ou entre les générations, que les écarts de revenus entre riches et pauvres ou encore entre les milieux urbain et rural. Ces disparités demeurent d’après professeur Maoundonodji Gilbert, une réalité au Tchad, aussi bien à l’échelle nationale qu’au sein des collectivités locales. Dans cette perspective, le budget public apparaît comme un levier central. C’est par lui que l’État mobilise les ressources et décide de leur affectation afin, notamment, de faciliter l’accès des populations les plus vulnérables aux services sociaux essentiels. Il est estime ainsi que les médias ont un rôle déterminant à jouer dans cette chaîne. En vulgarisant les lois de finances, les budgets communaux, les documents de politiques publiques ou encore les rapports d’exécution budgétaire, ils contribuent à rendre l’information compréhensible et à renforcer le droit des citoyens à être informés. Mais cette mission se heurte encore à une difficulté majeure. Les journalistes disposent souvent de connaissances limitées sur les questions budgétaires, un déficit qui freine la production de contenus fiables et accessibles et affaiblit, par conséquent, l’exigence de redevabilité envers les institutions publiques, tant au niveau local que national.

C’est précisément ce défi que le CERGIED entend relever à travers cette formation. « Des médias formés et outillés sont indispensables pour créer un environnement favorable à la transparence budgétaire », a insisté professeur Maoundonodji Gilbert. Sans cette transparence, a-t-il rappelé, les citoyens ne peuvent savoir comment les ressources publiques sont utilisées ni demander des comptes à ceux qui en assurent la gestion.

Sikngaye Tamaltan Inès

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