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Editorial

Éditorial : L’ITIE-Tchad à l’heure de vérité

L’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) est une norme internationale qui fait obligation aux gouvernements de publier les revenus générés par l’exploitation minière, pétrolière et gazière. Le Tchad y a adhéré le 20 août 2007 et a été déclaré conforme en octobre 2014 à la norme mondiale d’harmonisation de l’époque. Le processus suit son cours avec la publication régulière des rapports dont les plus récents couvrent la transparence des revenus pétroliers et miniers jusqu’aux dernières années fiscales.

Depuis le 1er juillet 2026, le Tchad est entré dans la phase décisive de la validation ITIE 2026. Pendant six mois, l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives va auditer la gestion des ressources pétrolières, minières et gazières sur la période octobre 2022-juin 2026.  C’est un examen de passage. Et il tombe à un moment charnière. L’ITIE est un contrat entre trois parties : l’État, les entreprises et la société civile. Le principe est simple : tout le monde publie les mêmes chiffres. Combien l’État a reçu ? Combien les compagnies ont-elles payé ? Où cet argent est-il allé ? Si les comptes concordent, le pays est déclaré “conforme” et gagne en crédibilité. S’ils divergent, c’est la méfiance. Cette 3ème validation depuis le statut de membre est donc un test de maturité.

Le pays est en quête de financement pour son développement. Dans ce contexte, chaque franc CFA du pétrole doit être justifié. Les citoyens ont le droit de savoir. Bientôt, N’Djaména accueillera le Forum Africain de l’Eau “From Vision to Action”. La Banque mondiale et des dizaines de chefs d’État y sont conviés afin de parler de financements. Or, les bailleurs ne financent plus à l’aveugle. Ils ouvrent d’abord le rapport ITIE. Un bon score est synonyme d’ouverture des portes. Un mauvais score, ce sont des promesses qui s’envolent. En même temps, les ressources doivent profiter aux communautés productrices pour éviter les frustrations et autres sentiments d’exclusion. L’accent mis sur la transparence est le moyen de lutter contre la rumeur et la violence. Les experts s’interrogeront d’abord sur la traçabilité. L’argent généré par les industries extractives contribue-t-il réellement au financement de l’accès à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation et aux infrastructures ?

La question de la publication des contrats est également de mise. Il s’agit de vérifier si le citoyen lambda peut-il consulter l’accord entre l’État et une compagnie pétrolière ? Pour finir, l’espace civique est scruté. Les Organisations de la société civile œuvrent-elles librement ou sont-elles repoussées dans leurs derniers retranchements ? Les avancées ne seront pas forcément mesurées à l’aune des données théoriques divulguées pour convaincre certains bailleurs de fonds, mais au vu de l’amélioration des conditions de vies des citoyens. Le Tchad n’a rien à cacher de ses ressources. Au contraire, il a tout à gagner à les montrer. Car la transparence n’est pas une faiblesse, mais plutôt une richesse pour un pays qui veut se développer.

La Rédaction

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ATPE

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