Le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a officiellement ouvert, ce mercredi 15 juillet 2026, les travaux du Forum africain de l’eau à N’Djamena. Il était entouré de ses homologues du Gabon, de la République démocratique du Congo, de la République islamique de Mauritanie et du Bénin.
Pendant deux jours, chefs d’État et de gouvernement, représentants d’organisations internationales, partenaires techniques et financiers ainsi qu’experts du secteur de l’eau échangeront sur les défis liés à l’accès à l’eau en Afrique. Les travaux devront déboucher sur une feuille de route assortie d’engagements concrets afin de garantir un accès équitable et durable à cette ressource essentielle. Placé sous le thème « De la vision à l’action », le forum s’inscrit dans la dynamique des Objectifs de développement durable.
Dans leurs interventions, les dirigeants africains ont mis en lumière les principaux enjeux de la sécurité hydrique sur le continent.
Le président gabonais, général Brice Clotaire Oligui Nguema, a rappelé le paradoxe d’une Afrique riche en ressources hydriques, fleuves majestueux et grands lacs, mais où une large partie de la population demeure privée d’eau potable. Il a présenté l’expérience de son pays à travers le Pacte national hydrique 2026-2035, adossé à un portefeuille de projets estimé à plus de 1 700 milliards de francs CFA.
« L’Afrique ne gagnera son pari du développement et de l’intégration qu’en remportant d’abord le pari de l’eau », a affirmé le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi.
Pour sa part, le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a souligné que la sécurité hydrique dépasse le cadre d’un simple enjeu sectoriel. Selon lui, elle constitue un défi collectif étroitement lié à la croissance démographique et aux effets du changement climatique.
Un appel à une coopération renforcée
Dans son discours d’ouverture, le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a exprimé son espoir de voir ce forum marquer un tournant décisif. « Ces deux jours d’échanges, de partage et d’engagements doivent permettre de faire en sorte que l’eau, source de vie, cesse d’être un luxe pour devenir un droit pour chaque Africain », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État tchadien a toutefois fait un constat préoccupant. « Plus de 400 millions de nos compatriotes africains n’ont toujours pas accès à une eau potable. Nos capacités de stockage s’amenuisent dangereusement, l’irrigation demeure insuffisante et les bouleversements climatiques menacent de réduire le produit intérieur brut de certaines de nos régions de près de 12 % d’ici à 2050 », a-t-il souligné.
Le Chef de l’Etat a également évoqué les conséquences économiques, sociales et sécuritaires de la rareté de l’eau. « Lorsque l’eau se retire ou vient à manquer, la pauvreté progresse, les populations et le bétail souffrent, les conflits se multiplient et la paix est fragilisée », a-t-il averti.
Le président de la République a plaidé pour une action collective à l’échelle du continent, avec l’appui des partenaires internationaux, afin de relever ces défis. « L’eau ne doit pas être un luxe, mais un droit fondamental pour chaque être humain, pour les animaux et pour les végétaux », a-t-il insisté.
Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a exhorté les États et les partenaires à accélérer la mobilisation des financements promis, à engager les réformes nécessaires et à assurer un suivi rigoureux des engagements. « Nos populations ont trop attendu. Les Africains ont trop attendu. Ils ne veulent plus attendre, et c’est légitime », a-t-il conclu.












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