Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, en collaboration avec l’ambassade de France au Tchad, organise du 21 au 22 juillet 2026 le 2ᵉ colloque international de paléontologie sous le thème : « Le Tchad au cœur de l’humanité : lectures croisées des archives paléontologiques et géologiques ». Le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, représentant le président de la République, a ouvert les travaux en présence de nombreux chercheurs venus des quatre coins du monde.
Dédié à la célébration scientifique des 25 ans de la découverte de Sahelanthropus tchadensis, plus connu sous le nom de Toumaï, qui signifie « espoir de vie » en Gorane, l’une des langues du Tchad, ce colloque réunit des chercheurs tchadiens, français et d’autres pays. Pendant deux jours, ces spécialistes se pencheront sur quatre grandes sessions scientifiques : la paléoprimatologie et la paléoanthropologie, la paléobiodiversité et les paléoenvironnements, la géologie et la sédimentologie, ainsi que l’hydrogéologie et les ressources en eau.
Pour la présidente du comité d’organisation, Pr Clarisse Nékoulnang, cette rencontre marque un quart de siècle depuis que les secrets du désert du Djourab ont commencé à se révéler au monde, dévoilant le visage de l’un des plus anciens ancêtres de l’humanité. Elle a rappelé que le 19 juillet 2001, dans le désert du Djourab, situé à près de 800 kilomètres au nord de N’Djaména, a été découvert Sahelanthropus tchadensis, l’un des fossiles les plus importants de l’histoire des sciences et l’un des plus anciens représentants connus de la lignée humaine.
Selon elle, cette découverte, réalisée par un jeune étudiant tchadien de la Mission paléoanthropologique franco-tchadienne dirigée par le Pr Michel Brunet de l’Université de Poitiers, a conforté les origines africaines de l’humanité.
De son côté, l’ambassadeur de France au Tchad, Éric Gérard, a estimé que l’histoire de la Mission paléoanthropologique franco-tchadienne est avant tout celle d’une aventure scientifique, portée par l’engagement du Pr Michel Brunet, qui a consacré sa passion à cette cause et à la terre du Tchad.
Toumaï, un patrimoine commun de l’humanité
Selon le diplomate français, dès son arrivée au Tchad dans les années 1990, Pr Michel Brunet s’est attaché à créer cette mission scientifique et à organiser les premières campagnes de terrain, qui ont rapidement conduit à des découvertes historiques. « Ces découvertes sont sans aucun doute le fruit de l’excellence et du haut esprit scientifique des femmes et des hommes de cette mission. Elles sont également le produit de la coopération bilatérale franco-tchadienne au service de la science et de l’humanité tout entière », a-t-il déclaré.
Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina, la découverte de Toumaï a marqué un tournant majeur dans l’histoire de la paléontologie. Selon lui, elle a révélé au monde la richesse du patrimoine scientifique du Tchad et consacré le pays comme l’un des berceaux de l’humanité. Vingt-cinq ans après cette découverte majeure, a-t-il indiqué, le ministère mesure le chemin parcouru, tout en restant conscient des défis scientifiques qui demeurent.
S’exprimant au nom du président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina a souligné que le nom « Toumaï » dépasse largement sa portée scientifique. « Il est porteur d’un message d’espérance, mais aussi d’unité et de rassemblement. Il est devenu le symbole d’un patrimoine commun, d’une mémoire collective et d’une fierté nationale. Il rappelle à chaque Tchadienne et à chaque Tchadien qu’au-delà de nos différences, nous appartenons à une même Nation et partageons un destin commun », a affirmé le chef du Gouvernement.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préserver et de valoriser le patrimoine paléontologique national. Selon lui, cette mission exige des investissements durables, le renforcement des capacités des institutions de recherche, la formation de jeunes chercheurs et une coopération scientifique toujours plus étroite avec les partenaires du Tchad.
Jules Doukoundjé












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