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Editorial

Éditorial : L’entretien des arbres, un devoir

Dans sa vision globale de politique environnementale, le Tchad met en terre des milliers de plants chaque année. Le cadre matériel de cette politique demeure la commémoration de la Semaine nationale de l’arbre qui encourage les citoyens à entreprendre des actions à mêmes de préserver l’écosystème, freiner l’ensablement et l’avancée du désert. Pour l’édition 2026, placée sous le thème « Un Tchad vert, un avenir durable », le gouvernement affiche de grandes ambitions avec dix millions de plants à mettre en terre sur une période de cinq ans.

Ces ambitions sont toutes légitimes au regard des enjeux climatiques mondiaux et de la position géographique du pays, au cœur du Sahel. En ces temps où le changement climatique est une réalité pour de nombreux pays, la vision du Tchad axée sur la sensibilisation et des actions préventives est salutaire. Toutefois, cette politique de protection environnementale mérite des questionnements quant aux pratiques et habitudes courantes. Souvent, les comportements trahissent les intentions. Chaque année, des milliers de plants mis en terre ne survivent pas, faute d’entretien et de mécanismes de protection cohérents. En d’autres termes, une chose est de planter ; mais le mieux serait de s’en occuper pour ne pas que les efforts déployés se révèlent vains.

Il apparaît que dans cette politique de préservation de l’environnement, des failles sont observées depuis des décennies dans la démarche des autorités tchadiennes. Pour mémoire, c’est en 1972 que le pays a jugé bon de disposer ce cadre matériel et juridique encadrant le secteur des faunes et de la flore. Les limites, l’on peut les trouver dans l’échec de plusieurs projets nationaux et régionaux. Le cas de la ceinture verte de Gaoui demeure emblématique de l’échec d’une politique appelée à être repensée afin de porter des fruits attendus.

Il est temps, au-delà des bonnes intentions, de passer aux actes. Le cap à franchir reste une évaluation rigoureuse et dépassionnée des actions mises en œuvre depuis 54 ans et envisager sereinement un avenir environnemental plus sain, plus responsable et à la hauteur des ambitions nationales au profit des futures générations. Cela passe par le respect de ses engagements en faveur de l’environnement, l’adoption des comportements écologiques et une éducation environnementale des populations.

Tout en admettant que les responsabilités sont bien partagées entre le gouvernement et les citoyens, il est aussi de bon ton de les situer dans un esprit de redevabilité de l’action publique. En décidant de la mise en terre des plants, le gouvernement se doit d’assurer un suivi capable de garantir leur croissance. Il en est de même de l’éducation écologique des citoyens de manière à assurer le caractère civique de la Semaine nationale de l’arbre, la débarrassant ainsi de son caractère contraignant. Chaque Tchadien doit comprendre que c’est pour son bien de planter des arbres et non une action pour plaire ou se départir d’un fardeau de plus.

La Rédaction

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ATPE

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