À peine les résultats du baccalauréat 2026 proclamés, les parchemins sont déjà disponibles. Cette réactivité du ministère de l’Éducation nationale et de l’Office National des Examens et Concours du Supérieur (ONECS) mérite d’être saluée. Elle permet aux nouveaux bacheliers de s’inscrire rapidement dans les établissements d’enseignement supérieur, de postuler à des bourses et de préparer sereinement la poursuite de leurs études.
Mais cette célérité administrative, aussi appréciable soit-elle, ne saurait suffire. Encore faut-il que chaque bachelier fasse un choix de formation pertinent, en adéquation avec ses aptitudes et les besoins du pays, afin d’éviter de rejoindre, quelques années plus tard, les rangs des diplômés sans emploi.
Le baccalauréat n’est pas une ligne d’arrivée. C’est un carrefour décisif où se dessine une bonne partie de l’avenir professionnel des jeunes. Or, c’est précisément à cette étape que de nombreux élèves et leurs parents se retrouvent démunis. Faute d’un accompagnement efficace, les choix d’orientation sont souvent dictés par l’émotion, les effets de mode ou le prestige supposé de certaines filières, plutôt que par les réalités du marché de l’emploi.
Cette inadéquation entre les formations choisies et les besoins de l’économie nationale constitue l’un des principaux facteurs du chômage des diplômés. Pendant que les amphithéâtres se remplissent dans certaines filières déjà saturées, des secteurs stratégiques comme l’agriculture moderne, l’élevage, la transformation agroalimentaire, les énergies renouvelables, les mines, la santé, le numérique, le bâtiment ou encore la mécanique peinent à recruter des compétences qualifiées.
Au regard des bons résultats enregistrés au baccalauréat cette année, une question s’impose : comment faire en sorte que ce diplôme ne devienne pas le premier pas vers le chômage ? La réponse passe par une véritable politique d’orientation scolaire et professionnelle. Les erreurs du passé doivent servir de leçon. Il est indispensable d’orienter les élèves en fonction de leurs compétences, mais aussi des besoins réels du marché du travail. Cette responsabilité incombe en premier lieu aux conseillers d’orientation, qui doivent être davantage présents et mieux outillés dans les établissements scolaires.
Face au défi de l’emploi des jeunes, les filières techniques et professionnelles constituent une voie d’avenir, comme l’ont démontré de nombreux pays développés et émergents. Un BTS en froid industriel, en énergies renouvelables, en maintenance agricole ou en transformation laitière peut offrir des perspectives d’insertion professionnelle tout aussi prometteuses, voire supérieures, à celles d’une licence généraliste.
Il devient donc urgent de multiplier les instituts et les centres de formation aux métiers, tout en leur donnant les moyens humains, matériels et financiers nécessaires à leur mission. Un technicien qualifié qui travaille contribue davantage au développement national qu’un diplômé universitaire condamné au chômage.
Dans le même esprit, les universités publiques et privées gagneraient à renforcer leurs partenariats avec les entreprises minières, pétrolières, agro-industrielles et les autres acteurs économiques afin de développer les stages, l’alternance et les programmes de professionnalisation susceptibles de déboucher sur des recrutements.
Enfin, pour les jeunes qui souhaitent entreprendre, l’État doit aller au-delà des discours en facilitant l’accès au financement, au foncier et à un accompagnement technique adapté. L’objectif est de faire émerger une génération de créateurs d’entreprises plutôt que de simples demandeurs d’emploi.
Le Tchad n’a pas seulement besoin de diplômés. Il a besoin de compétences utiles, capables de transformer le coton, de moderniser l’agriculture, d’électrifier les villages, de soigner les populations, de construire les infrastructures et de développer les solutions numériques de demain.
C’est sur cette nouvelle génération que repose une part importante de l’avenir du pays. Encore faut-il lui donner les moyens de transformer son savoir en richesse, son talent en innovation et son diplôme en véritable levier de développement.
La Rédaction











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