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Croissance économique : Le Tchad affiche une progression de 5,6 % en 2025

La Banque mondiale a présenté, le jeudi 23 juillet 2026 à l’Hôtel des Finances, sa Note sur la situation économique du Tchad 2025, placée sous le thème : « Libérer le potentiel des MPME et la création d’emplois ». C’était en présence du ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, et celui du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Matthieu.

Les représentants du secteur privé et d’autres partenaires n’ont pas manqué le rendez-vous. Publiée chaque année, la Note de la Banque mondiale dresse un état des lieux de l’économie tchadienne en analysant les principaux indicateurs macroéconomiques, l’évolution du pouvoir d’achat des ménages ainsi que les perspectives de croissance. Elle met également en lumière les défis et les opportunités de développement du pays. Selon les conclusions de l’édition 2025, le Tchad a enregistré un taux de croissance économique de 5,6 %, principalement porté par les performances du secteur agricole, qui demeure l’un des principaux moteurs de l’activité économique nationale.

Dans sa présentation, le spécialiste principal du secteur privé à la Banque mondiale, Mvogo Jean-Paul, a indiqué que la situation budgétaire du Tchad s’est améliorée en 2025, avec une réduction du déficit de 2,1 % du PIB en 2024 à 1,7 % en 2025, grâce à une hausse de 23,7 % des recettes non pétrolières, soutenue par la facturation électronique, la modernisation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le renforcement de l’administration fiscale. Les recettes publiques ont progressé à 17,8 % du PIB, contre 16,1 % en 2024, malgré le recul des recettes pétrolières, tandis que les dépenses ont atteint 19,4 % du PIB, principalement sous l’effet de la hausse des investissements publics.

La dette publique est restée à un niveau modéré, le ratio dette/PIB ayant reculé de 32,7 % en 2024 à 30,2 % en 2025, bien que les risques liés à la volatilité des prix du pétrole et aux conditions de financement extérieur demeurent élevés. En termes de perspectives, l’expert de la Banque mondiale a souligné que la croissance devrait atteindre 5,2 % en 2026, soit 2,5 % par habitant, portée par le dynamisme du secteur non pétrolier (+6 %), notamment l’agriculture, les services et l’industrie. Du côté de la demande, elle serait soutenue par la consommation privée et l’investissement.

Toutefois, il a relevé que l’économie tchadienne est dominée par les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) évoluant dans le secteur informel. « Certes, en 2025, il y a eu une amélioration du climat des affaires, mais le secteur informel a besoin de soutien pour créer des emplois de qualité », a-t-il précisé. Mvogo Jean-Paul a recommandé aux autorités tchadiennes d’accélérer les réformes douanières, de rendre les services publics plus accessibles, de créer un fonds destiné aux femmes et aux jeunes entrepreneurs, d’instaurer une justice commerciale efficace, de régler la question du foncier, d’améliorer les infrastructures, d’accélérer le processus de digitalisation et de renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises.

Des performances à saluer

Le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a souligné que cette publication s’adresse aux décideurs publics, aux chefs d’entreprise, aux acteurs des marchés financiers, aux chercheurs, aux étudiants ainsi qu’à l’ensemble des analystes et professionnels engagés dans l’économie du Tchad. « Notre objectif est d’améliorer le débat sur les questions publiques et de contribuer à identifier les choix qui permettent de bâtir un développement plus inclusif, plus résilient et plus durable. L’économie tchadienne a enregistré une croissance de 5,6 % en 2025, soit 2,1 % par habitant. Une note encourageante. Le taux de pauvreté a ainsi reculé, passant de 42,5 % en 2024 à 40,7 % en 2025. Ces progrès méritent d’être reconnus. Ils témoignent de la résilience de l’économie tchadienne et des efforts entrepris par les autorités et les organisations dans un environnement de développement exigeant », a-t-il affirmé.

Selon le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Matthieu, les micro, petites et moyennes entreprises constituent l’essentiel de l’économie du pays. Il a ajouté que le gouvernement a renforcé le dialogue avec le secteur privé afin de stimuler l’économie locale, en mettant l’accent sur l’industrialisation.

Pour le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, l’année 2025 a été meilleure sur le plan des performances économiques pour le Tchad. « C’était une année exceptionnelle, car nous avons lancé le Plan national de développement (Tchad Connexion 2030), qui comprend 268 projets. Le taux de croissance de 5,6 % enregistré selon la Banque mondiale a permis de faire reculer la pauvreté. Notre ambition est de sortir trois millions de Tchadiens de la pauvreté d’ici cinq ans », s’est-il réjoui.

Le ministre d’État a mentionné, entre autres, les réformes engagées dans le domaine de la digitalisation et de l’assainissement du climat des affaires afin d’attirer les investisseurs et de favoriser le développement de l’économie nationale.

Kary Amadou

 

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