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Editorial

Éditorial : Accords de Doha, quatre ans après

Quatre ans après la signature, le 8 août 2022, de l’Accord de Doha entre le Gouvernement et une trentaine de mouvements politico-militaires, une question s’impose : le pari du dialogue a-t-il réellement tenu ses promesses ?

À en croire les différents signataires de l’accord, le bilan est « globalement positif ». Il est vrai que le texte a ouvert une nouvelle séquence politique. Il a favorisé le retour au pays de plusieurs responsables politico-militaires, leur participation au Dialogue national inclusif et souverain et, plus largement, leur intégration dans les institutions de la République. Une quarantaine d’anciens représentants de l’opposition armée ont ainsi rejoint le Conseil national de transition, tandis que d’autres ont accédé à des responsabilités gouvernementales ou administratives.

Cette évolution constitue sans doute l’un des principaux acquis de Doha : transformer progressivement d’anciens adversaires armés en acteurs du jeu institutionnel. Après des décennies de conflits, voir des responsables issus de la rébellion siéger dans les institutions plutôt que sur les champs de bataille n’est pas un détail. C’est le signe qu’un espace politique s’est ouvert là où dominait autrefois la confrontation.

Pour des anciens responsables politico-militaires, la lutte armée n’est pas une fin en soi. Elle doit conduire à un dialogue capable de réconcilier les Tchadiens. Les négociations de Doha, précédées de rencontres à Rome et à Paris, ont finalement débouché sur un accord qui a préparé le terrain au Dialogue national inclusif et souverain.

Mais quatre ans après, l’heure n’est pas seulement à l’autosatisfaction. Car la paix ne se mesure pas uniquement au nombre d’anciens rebelles nommés à des postes de responsabilité. Elle se mesure aussi à la capacité de l’État à désarmer durablement les combattants, à leur offrir une véritable réinsertion et à empêcher que les frustrations ne nourrissent de nouveaux cycles de violence.

C’est là que le programme de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) demeure déterminant. Tant que ce processus restera inachevé, l’Accord de Doha portera en lui une part d’inachevé. La stabilité politique ne peut être durable si elle ne s’accompagne pas d’une paix sociale et économique perceptible par les populations.

Autre défi, ceux qui sont restés en dehors de l’accord. Leur retour au dialogue suppose aussi que les conditions d’une véritable réconciliation soient garanties.

Doha a incontestablement changé la donne. Mais un accord de paix n’est qu’un point de départ. Le véritable enjeu pour le Tchad est désormais de transformer cette accalmie politique en paix durable, fondée sur la réconciliation, la justice, l’inclusion et des institutions capables de résister aux crises.

Le temps dira si Doha aura été le début d’un nouveau chapitre ou simplement une parenthèse dans la longue histoire des conflits tchadiens.

La Rédaction

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ATPE

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