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Editorial

Éditorial : Quelle lecture après 66 années d’indépendance ?

Le 11 août 1960, le Tchad est proclamé libre, indépendant et souverain. Ce jour-là, la fierté est immense, la joie éclatante et le bonheur partagé. Dans les villes comme dans les villages, les familles se réunissent autour des tables, les chants résonnent, les danses s’enchaînent et les cris de joie accompagnent cette nouvelle page de notre histoire.

L’indépendance représente alors l’espoir d’un peuple qui rêve de prendre en main son destin et de bâtir un pays à la hauteur de ses aspirations.

Soixante-six ans plus tard, le temps a passé. Lorsque nous regardons dans le rétroviseur de notre histoire, le chemin parcouru semble long. Mais une question demeure, incontournable. Quel bilan pouvons-nous réellement dresser de ces 66 années d’indépendance ? Sommes-nous satisfaits de ce que nous avons accompli dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé, de l’économie, de l’industrialisation et de la construction de notre mémoire collective ?

La lecture de notre passé montre une réalité qui interpelle. Une grande partie de notre histoire contemporaine a été marquée par les crises, les conflits et le poids de l’armée. Pendant des décennies, l’urgence a souvent été de défendre, de combattre, de survivre. L’effort consacré à la construction des institutions, au développement du capital humain, à la recherche et à l’innovation est resté insuffisant.

Aujourd’hui, le constat est particulièrement préoccupant dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle. Il n’est pas rare d’entendre certains se targuer d’être le premier diplômé de leur province, de leur village, dans telle ou telle discipline. Cela devrait être une source de fierté, certes, mais aussi une question : comment un pays peut-il progresser après 66 ans d’indépendance avec des diplômés qui se comptent à bout de doigts dans certains domaines et spécialités vitales ?

Pendant que certains pays investissent massivement dans les grandes écoles, les laboratoires, les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et l’innovation, nous peinons encore à offrir à une grande partie de notre jeunesse une formation adaptée aux exigences du monde contemporain.

Pourtant, l’heure n’est plus à la guerre. L’heure est à la construction. Il faut désormais penser loin, planifier, anticiper et projeter le Tchad dans les prochaines décennies. Nous devons créer de grandes écoles et des centres de formation performants, encourager la recherche, soutenir l’entrepreneuriat, développer nos industries et transformer nos ressources naturelles en véritables leviers de développement.

L’indépendance ne doit pas seulement être une date que nous célébrons chaque année. Elle doit être une responsabilité que nous assumons collectivement. À 66 ans, notre pays a encore beaucoup à construire.

Il est temps de léguer aux générations futures autre chose que le récit de nos difficultés : des écoles solides, des institutions fortes, des industries, des compétences, des innovations et surtout la fierté d’un travail accompli. Le véritable patriotisme, aujourd’hui, ne consiste plus seulement à célébrer le passé. Il consiste à construire l’avenir.

La Rédaction

 

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ATPE

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