En ce mois d’août, alors que les élèves et étudiants se ruent vers le commerce informel, les parents eux, pensent déjà à la rentrée prochaine. A la recherche de fonds pour y faire face, ils sont nombreux à s’orienter vers le crédit scolaire. Une fois empoché, l’engouement qui a caractérisé la demande se trouve confronté à la réalité de sa répartition et de son remboursement.
Fini les moments où les fortes concentrations devant les banques étaient systématiquement synonymes de paiement des salaires. Une autre réalité s’invite désormais dans ces lieux. Les salariés prennent d’assaut les banques, non pas pour les découverts, mais pour obtenir un « crédit scolaire ». Ce dernier est proposé aux clients avec des facilités qui varient selon les établissements bancaires. Des crédits scolaires sont offerts à des taux de 0% ou à des taux souvent inférieurs aux taux appliqués au crédit ordinaire. Mais l’autre particularité, c’est le délai d’emprunt qui généralement, ne dépasse pas les neuf mois. Au lieu d’être véritablement avantageux, il se cache derrière cet appui de circonstance, un prélèvement qui finit par créer un cercle vicieux de dépendance. Parmi les surprises, figure les frais de dossier ou de commission. Selon les banques, elles varient, elles aussi selon le montant demandé. Cependant, le hic est que c’est une fois le crédit accordé que le bénéficiaire constate ce prélèvement sur son compte.
En plus, il est constaté que le crédit scolaire vient s’ajouter au crédit équipement ou autre et plombe davantage le salarié. Fonctionnaire de son état, Etienne P. H. a une conception négative desdits crédits. « Même si certaines personnes les apprécient positivement, à mon avis, la banque a suffisamment pris son intérêt en 9 mois car elle te donne un montant drastiquement réduit », souligne-t-il. A la place, il déclare préférer la tontine qui n’a pas d’intérêt.
Pour dame Brya D., enseignante, le crédit scolaire permet de palier un problème circonstanciel qui est la rentrée scolaire. Mais dans la pratique, il déséquilibre le fonctionnaire. A son avis, les banques ne prennent aucune disposition pour donner le maximum d’information sur la somme qui sera réellement prélevée par mois. Elle souligne que les prélèvements qui s’en suivent dépassent largement ce qui est attendu. Comme Etienne P. H., elle mise sur les tontines, tout en indiquant que là aussi, des surprises peuvent venir des cotisants.
Assis devant une banque, Ramadane M. déclare être venu solliciter ce crédit parce qu’il n’a pas d’autres alternatives. Il explique vouloir envoyer son fils qui vient d’avoir son baccalauréat à l’étranger pour y poursuivre ses études. Il se dit conscient des prélèvements qui l’attendent mais le trouve comme solution à portée de main. « En cette saison des pluies, qui va accepter de te prêter une somme importante pour tes besoins ? », s’interroge-t-il. Il précise avoir tenté l’option des tontines mais a dû désister parce que chacun, évoquant ses difficultés du moment, voulait de la première place. Il informe être déjà sous un crédit à la consommation mais espère surmonter le poids des créances, si jamais des imprévus majeurs ne se présentent à lui. Mais déjà, il déplore que les banques fixent des échéances qui ne tiennent pas compte des réalités liées au salaire. Il cite en exemple l’échéance de son crédit à la consommation qui est fixé au 23 du mois, lequel favorise les pénalités qu’on lui impose pour retard de virement.
Comme quoi, le crédit scolaire, comme les autres crédits d’ailleurs, doit faire l’objet d’une analyse minutieuse par l’emprunteur au risque de se voir plomber par le poids de la dette. Il est possible d’opter pour d’autres mécanismes mais là aussi, les garanties ne sont pas évidentes.
Payang Passoret












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