Ancienne joueuse stoppée par les blessures, Betoudji Milamem Louise , a choisi le banc pour poursuivre son histoire avec le basketball. Certifiée FIBA/WABC Niveau 1, elle construit patiemment une carrière d’entraîneur avec une ambition assumée : conduire un jour l’équipe nationale féminine du Tchad.
Le ballon a changé de trajectoire, mais pas la passion. Longtemps, Betoudji Milamem Louise l’a poursuivi sur les parquets, avec les rêves et l’énergie d’une jeune joueuse qui voulait aller loin. Puis les blessures ont brutalement interrompu cette première histoire. Elle aurait pu tourner le dos au basketball. Elle a choisi de rester dans le jeu. Depuis 2020, c’est depuis le banc qu’elle observe, analyse, corrige et transmet. Le changement est profond, mais la passion demeure intacte. « J’ai d’abord été joueuse de basketball », raconte-t-elle. Désormais, son terrain est celui de la stratégie et de la transmission.

Née et ayant grandi à N’Djaména, Betoudji Milamem Louise, découvre très tôt le basketball. La discipline s’impose rapidement comme une passion, puis comme une partie de son identité. Mais plusieurs blessures finissent par compromettre sa carrière de joueuse. Pour elle, cette rupture ne signifie pas la fin de l’aventure. Elle devient le point de départ d’une reconversion. En 2020, elle se tourne vers le coaching. « Comme le basketball est une véritable passion pour moi, je ne voulais pas m’arrêter là », explique-t-elle. Elle doit alors apprendre un autre métier : celui qui consiste moins à jouer qu’à faire jouer, moins à chercher la lumière qu’à construire la performance collective.
À l’Université Générale de Sonfonia en Guinée, elle commence comme assistante coach. Pendant presque cinq ans, elle observe, apprend et accumule les expériences. Elle connaît notamment le goût d’un titre de championne de Guinée en basketball masculin. Une expérience qui compte dans la construction de son parcours. Elle devient ensuite head coach des Tigers Basketball, avant de rejoindre Nabaya comme assistante de Souleymane Camara, toujours en Guinée. Avec cette équipe, elle remporte récemment la Coupe nationale et poursuit actuellement le championnat, avec une qualification pour les demi-finales. Dans un milieu encore largement masculin, la jeune entraîneur a dû apprendre à s’imposer autrement. « C’était un vrai défi à relever, en tant que femme et en tant que coach », reconnaît-elle. Elle choisit de répondre aux préjugés par la compétence et le travail.
La formation comme boussole
La certification FIBA/WABC Niveau 1 vient récemment consacrer une étape supplémentaire de cette trajectoire. Pour Bétoudji Milamem Louise, ce diplôme n’est pas une ligne d’arrivée, mais une porte ouverte vers d’autres niveaux de formation. La préparation physique et mentale, les fondamentaux, la gestion d’une équipe, mais aussi le rôle de l’entraîneur dans la vie du joueur : autant d’enseignements qui nourrissent sa conception du métier. Sa philosophie tient en une formule : « avoir le corps chaud et le mental froid ». Une manière de rappeler que l’intensité sportive ne vaut rien sans lucidité, discipline et maîtrise de soi.

La Guinée lui a permis de se former. Mais son horizon demeure le Tchad. Elle regarde avec intérêt les progrès du basketball national et croit à son potentiel auprès de la jeunesse. « Le basketball tchadien est en train de devenir un vrai rêve pour les jeunes, un rêve en passe de devenir réalité », estime-t-elle. Elle veut désormais poursuivre son parcours dans les formations FIBA et, à terme, mettre son expérience au service de son pays. Son ambition la plus forte ne souffre d’aucune ambiguïté : « Mon plus grand rêve serait de coacher un jour l’équipe féminine du Tchad ». Derrière ce rêve personnel se dessine un projet plus large : contribuer à faire émerger le basketball féminin tchadien. Car les obstacles demeurent la participation internationale encore limitée, le manque d’engouement chez certaines jeunes filles et les réticences de certains parents. Elle sait pourtant que les barrières peuvent tomber. Elle-même a dû convaincre lorsqu’elle a choisi le basketball. Aujourd’hui, son message aux jeunes filles est celui d’une femme qui a connu la rupture sans renoncer à son rêve : croire en soi, se former et travailler. « Cherchez des formations, entraînez-vous, travaillez dur, c’est le travail qui paie », conseille-t-elle.
Betoudji Milamem Louise, n’a donc pas quitté le basketball. Elle a simplement changé de côté. Et sur le banc, elle regarde désormais plus loin que le prochain match : vers une sélection nationale, vers une génération de jeunes filles et vers un basketball tchadien où, elle l’espère, les rêves auront enfin leur place.
Man-Ya Allah Gisèle












Ajouter un commentaire