Dr Hamama Moctar Kalibou a présenté et dédicacé, ce lundi 21 septembre 2026 à N’Djaména, son premier ouvrage intitulé « L’Héroïne de l’ombre », paru aux éditions Yagabi. La cérémonie, organisée dans la salle du ministère des Affaires étrangères, a réuni des passionnés de littérature, des proches de l’auteure ainsi que des autorités administratives.
L’ouvrage de 151 pages est structuré en cinq parties. Il rend hommage aux femmes, aux victimes des conflits et à toutes celles et ceux dont les sacrifices ont contribué, souvent dans l’ombre, à façonner des destins. L’auteure y raconte l’histoire de Billa, une femme confrontée aux bouleversements de la vie, mais qui conserve sa dignité, sa détermination et sa force.
À travers cette œuvre, l’auteure livre également une part de son histoire personnelle. Elle rend hommage à son oncle Idriss et à son grand frère Hamid, tous deux morts au front. Avec émotion, elle évoque les souvenirs d’enfance liés à ces deux proches et invite à tirer les leçons des pertes humaines causées par les conflits. « Je ne souhaite pas que mon pays continue de perdre sa jeunesse dans le fracas des armes. Je souhaite que nos jeunes prennent la parole, écrivent, créent et construisent », a déclaré Hamama Moctar Kalibou.
Une œuvre entre tradition et modernité
Présentant le roman, le critique littéraire Brahim Dadi Guihini a invité le public à découvrir progressivement l’univers de l’œuvre, sans en dévoiler l’intrigue. Il estime que la couverture, représentant une jeune femme tournée vers l’horizon, constitue une première porte d’entrée dans le récit.
Selon lui, le roman accorde une place importante aux dialogues et aux échanges entre les personnages, rapprochant ainsi le lecteur de leurs préoccupations et de leur quotidien. L’œuvre aborde plusieurs réalités de la société tchadienne, notamment les mariages arrangés, la pression familiale, la scolarisation des jeunes filles, la condition féminine, l’insertion professionnelle des jeunes, les difficultés d’accès aux services de santé et l’insécurité.
À travers les relations entre les personnages, l’auteure questionne également les rapports entre autorité familiale, traditions et liberté individuelle. Pour le critique, les femmes ne sont pas uniquement présentées comme des victimes. Certaines prennent des décisions, interviennent dans le cours des événements et contribuent à leur évolution.
Le critique littéraire a toutefois relevé quelques observations sur la construction et la forme du roman. Il a notamment évoqué des transitions parfois brusques entre différentes périodes, lieux et scènes et des passages qui auraient pu bénéficier de davantage de repères pour faciliter la compréhension des changements temporels et géographiques.
Brahim Dadi Guihini a également signalé quelques irrégularités liées à l’orthographe, à la ponctuation, aux majuscules et à la mise en forme des dialogues. Des observations qui, selon lui, pourraient contribuer à améliorer le texte dans une éventuelle prochaine édition.
Née le 12 août 1997 à N’Djaména, Dr Hamama Moctar Kalibou a effectué ses études primaires à l’École des Assemblées chrétiennes, puis secondaires au lycée Étoile Polaire. Attirée par les sciences médicales, elle poursuit ses études universitaires au Sénégal, à l’École de médecine El Hadj Ibrahim Niass, connue sous le nom de Saint Christopher, où elle obtient son doctorat d’État en médecine.
Alladigba Donatien











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