Écrivain, musicien, enseignant et pionnier de la musicothérapie au Tchad, Nerbé Donald fait de la musique un moyen de transmission, d’expression et d’accompagnement. De l’apprentissage de la guitare à l’enseignement de l’écriture musicale et de la composition, il œuvre auprès des enfants et des personnes vulnérables à travers la musicothérapie.
Il évoque son parcours, sa passion pour la musique, son engagement dans la formation des jeunes et sa vision de l’évolution de la musique tchadienne. Nerbé Donald se définit comme un écrivain et un musicothérapeute. Son parcours littéraire est marqué par la publication de trois œuvres, dont un roman et deux recueils de poèmes. L’un de ses recueils de poèmes a été publié en France en 2013. Parallèlement à l’écriture, il s’est engagé dans la musicothérapie, une discipline qu’il contribue à faire connaître au Tchad. Il explique avoir reçu ses premières connaissances dans ce domaine auprès d’une formatrice anglaise. Depuis, il participe à des activités d’accompagnement destinées aux enfants en situation de handicap, aux enfants autistes, aux personnes présentant des troubles ainsi qu’aux personnes âgées. Son travail s’effectue dans des structures spécialisées et en collaboration avec différents professionnels, des psychologues et des acteurs de l’accompagnement de l’enfance. La passion de Nerbé Donald pour l’enseignement de la musique repose sur une conviction : les connaissances doivent être partagées. « J’aime profondément la musique et j’ai toujours voulu partager mes connaissances avec mes amis, mais aussi avec l’ensemble des Tchadiens », explique-t-il.
A travers les cours qu’il dispense, les activités dans les centres sociaux et les séances particulières, il accompagne ceux qui souhaitent progresser dans la pratique musicale. Son objectif est de contribuer à l’émergence d’une musique tchadienne plus riche et mieux structurée, capable de participer pleinement au développement culturel du pays. Pour lui, la formation doit permettre à l’artiste de maîtriser plusieurs dimensions de la création. Écriture des textes, composition, arrangement et écriture musicale sont autant de compétences qui peuvent contribuer à l’autonomie et à la maturité d’un artiste. Pour les débutants, Nerbé Donald insiste particulièrement sur la volonté, la méthode et la régularité. Selon lui, apprendre la musique nécessite du temps et une pratique constante. « On ne peut pas simplement se lever un matin et devenir musicien », souligne-t-il.
L’importance des mots dans la création musicale
Pour Nerbé Donald, les paroles occupent une place centrale dans une œuvre musicale. Il invite les auteurs et composi- teurs à accorder une attention particulière aux mots, au sens et à la qualité du texte. «La parole est au centre de tout», estime-t-il. Dans un pays où la tradition orale occupe une place importante, le travail d’écriture apparaît, à ses yeux, comme une étape essentielle de la création. Relire, approfondir et rechercher les mots justes permettent, selon lui, de donner davantage de force au message porté par une chanson. Le musicien insiste sur l’importance de travailler à la fois le fond et la forme afin de permettre à l’artiste de progresser. Son histoire avec la guitare commence en 2007, dans son village natal de Goré. Pour lui, son cousin qui lui a transmis ses premières notions sur les cordes et les bases de l’instrument. Il a bénéficié par la suite de l’encadrement de plusieurs formateurs et de l’expérience acquise au sein d’une chorale. « J’ai aimé la guitare au premier regard », confie-t- il.
Dans son approche de la musicothérapie, Nerbé Donald définit la musique comme un moyen d’accompagner et de soulager. Il explique que le rythme, la mélodie et différents procédés musicaux peuvent être utilisés dans des activités adaptées aux besoins des personnes accompagnées. Les enfants autistes, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées ou encore celles ayant vécu des traumatismes peuvent bénéficier de ces activités, selon les dispositifs mis en place. La musique devient alors un espace d’expression, de communication, de détente et de partage. Le musicothérapeute a cité des initiatives récemment organisées au Tchad, ayant réuni entre 130 et 140 enfants autour de la musique, de la danse et du jeu. Psychologues, formateurs, musiciens et artistes ont participé à ces activités destinées à offrir aux enfants un cadre d’expression et de bien-être.
Interrogé sur l’évolution de la musique tchadienne, l’artiste se montre optimiste. Il salue l’émergence de nouveaux ar- tistes, de labels, de structures culturelles et de centres de formation.
Alladigba Donatien












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