Réunis en visioconférence du 26 au 28 septembre 2026 depuis Brazzaville, au Congo, les membres du Comité Inter-États préparatoire de la 46ème session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) examinent le projet de budget communautaire pour 2027. Arrêté à 90,24 milliards de F CFA, ce projet intervient dans un contexte marqué par les difficultés de recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), l’accumulation des arriérés et la nécessité de renforcer les moyens de l’intégration régionale. La situation financière de la Communauté constitue l’un des principaux enjeux des travaux. Trois mois après le constat dressé par le Conseil des ministres du 13 juin 2026, les difficultés de trésorerie persistent en raison du faible recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), principale source de financement de la CEMAC. Sur les 50 milliards de F CFA attendus en 2026, seuls 9,34 milliards avaient été recouvrés au 11 juin, soit 17,70 % de l’objectif. Cette situation a contribué aux tensions de trésorerie et aux retards de paiement enregistrés dans certaines institutions communautaires. Pour Eric Mbende, président du Comité Inter-États, ces difficultés dépassent la seule question de trésorerie. Elles exposent la Communauté à des risques de cessation de paiements et fragilisent son fonctionnement institutionnel. « Cette situation décrite dépassait la simple tension de trésorerie. Elle remettait en cause la capacité de la CEMAC à fonctionner et à porter les ambitions d’intégration », a-t-il indiqué. Malgré ces contraintes financières, la conjoncture économique sous-régionale présente certains signes de résilience. D’après les données de la BEAC présentées par Eric Mbende, la croissance devrait atteindre 3,2 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. L’inflation serait contenue à 2,4 %, sous le seuil communautaire de 3 %. Le déficit budgétaire devrait passer de 3,7 % du PIB en 2025 à 1,9 % en 2026. Les réserves de change devraient également progresser de 25 % pour atteindre 7 962,3 milliards de FCFA à fin décembre 2026. Pour le président du Comité Inter-États, ces indicateurs montrent une stabilité à préserver, alors que la croissance demeure fragile et dépendante du secteur non pétrolier. « Plus que jamais, nos États attendent de l’intégration économique qu’elle soit un levier de résilience et de croissance partagée », a-t-il relevé.
Un budget prudent
Les difficultés de financement pèsent également sur la préparation du budget communautaire 2027. Charles Assamba Ondodo, vice-président de la Commission de la CEMAC, relève que la dépendance à la TCI constitue l’un des principaux points de vulnérabilité. Cette taxe représente toujours plus de 82 % des ressources ordinaires. Les difficultés de recouvrement ont entraîné un cumul d’arriérés de contributions évalué à 263,5 milliards de F CFA à fin 2025. Face à cette situation, la Commission appelle à l’application intégrale du mécanisme autonome de financement de la TCI prévu par l’Acte additionnel du 25 février 2016. Dans ce contexte, le projet de budget 2027 se veut réaliste. Il repose, selon Charles Assamba Ondodo, sur « la prudence, la sincérité budgétaire, la discipline financière et la souténabilhité». Le budget s’équilibre en ressources et en charges à 90,24 milliards de FCFA, contre 85,92 milliards en 2026, soit une progression de 5,03 %. La Commission prévoit 61,35 milliards de FCFA de ressources ordinaires, constituées des recettes régulières de la Communauté, et 28,89 milliards de ressources extraordinaires, provenant des dotations du Fonds de développement de la Communauté (FODEC) et de financements extérieurs. Les crédits doivent être concentrés sur les investissements structurants arrivés à maturité ainsi que sur l’apurement de la
dette sociale. Au-delà des questions financières, les travaux préparatoires portent également sur plusieurs dossiers sectoriels.
Il s’agit de la mise en œuvre du Free Roaming, de la réponse à la résurgence de la maladie à virus Ebola aux frontières de la CEMAC, du Plan stratégique 2026-2030 de la CEBEVIRHA et du « Programme économies forestières durables du Bassin du Congo ».
Sikngaye Tamaltan Inès












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