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Economie

Dette africaine : Le contrôle, un rempart pour la souveraineté

La dette publique africaine et la soutenabilité des finances publiques ont été au centre d’une table ronde organisée ce jeudi 5 novembre 2026, dans le cadre des travaux de la 63e réunion du comité directeur  de l’Organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (AFROSAI), à N’Djaména. Les échanges ont mis en lumière le rôle essentiel des institutions supérieures de contrôle (ISC) dans la surveillance de l’endettement public et la préservation de la souveraineté économique des États.

Selon les chiffres présentés, la dette publique africaine a atteint 1 900 milliards de dollars en 2024, tandis que son service absorbe près de 31 % des recettes publiques. Par ailleurs, 21 des 54 pays africains sont en situation de surendettement ou présentent un risque élevé. Cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre budgétaires des États, notamment pour financer des secteurs essentiels comme la santé et l’éducation.

A  cette occasion, le ministre d’État, chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale du Tchad, Tahir Hamid Nguilin, a retracé les différentes phases de l’endettement des États africains. Il a  évoqué le passage des emprunts bilatéraux et multilatéraux au recours croissant aux marchés financiers et aux banques africaines. Il a également relevé les limites de certains investissements publics financés par l’endettement, qui n’ont pas toujours généré les ressources nécessaires pour assurer le remboursement des emprunts contractés.

Abordant le cas du Tchad, le ministre d’État a rappelé la restructuration de la dette commerciale du pays dans le cadre commun du G20. Il a plaidé pour une politique d’endettement prudente, fondée sur le recours à des financements soutenables, une meilleure exécution budgétaire et la limitation des emprunts non concessionnels. Il a, en outre, insisté sur le renforcement des compétences des agents chargés du suivi de la dette, la digitalisation des systèmes d’information et la prise en compte de tous les engagements publics, notamment les garanties accordées par l’État et les dettes des entreprises publiques.

De leur côté, les représentants des institutions supérieures de contrôle ont mis l’accent sur trois exigences à savoir, l’indépendance, la maîtrise technique et la transparence. Ils ont souligné la nécessité de disposer de données fiables, de détecter les dettes contractées en dehors des procédures budgétaires et de mettre en place un mécanisme de reddition régulière des comptes afin de permettre aux citoyens de suivre l’évolution de l’endettement public. Les participants ont également préconisé la diversification des sources de financement, la rationalisation des dépenses publiques et le développement des partenariats public-privé pour réduire la dépendance des États aux emprunts.

Au terme des échanges, il faut retenir que la soutenabilité de la dette ne peut reposer sur la seule responsabilité des gouvernements. Elle suppose également l’existence d’institutions de contrôle indépendantes, professionnelles et suffisamment outillées pour exercer efficacement leur mission.

Yonwa Maïlébélé

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