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Editorial

Éditorial : L’IA tchadienne, nouveau challenge

L’Intelligence Artificielle (IA) est au cœur de la vie quotidienne. Dans tous les secteurs d’activités humaines, elle s’est faite la part belle. De jour en jour, elle gagne du terrain, et selon certains spécialistes, à cette allure si rien n’est fait pour encadrer sa conception et son usage, les dégâts seront irréversibles. Toutes les couches sociales se sont ruées sur cet outil de travail, parfois sans une réelle maitrise de tous ses contours et enjeux. L’Afrique se retrouve ainsi embarquée dans ce mouvement d’ensemble. Et là où le bât blesse, c’est que bon nombre de pays africains n’ont pas su encore adapter l’IA aux spécificités et réalités nationales. Grosso modo, le continent est à la traine, que ce soit en matière de production de contenu, du cadre juridique, de formation des acteurs clés ou de financement de projets IA. Ce retard fera plus de mal si le tir n’est pas promptement rectifié.

Pire encore, les pays d’Afrique francophones sont à la queue du peloton. Rien à faire, ils doivent se réveiller parce que leur survie en dépend. Devant cette fulgurante ascension, ne rien faire est synonyme de se mettre au ban de cette révolution technologique. Car, la transformation numérique et l’IA accélèrent de manière exponentielle la création de richesse et d’emplois. Mal développées, elles peuvent générer des inégalités et devenir sources de problèmes de cybersécurité. S’il arrive que les algorithmes d’IA soient  développées avec des données non conformes ou ne prenant pas en compte des spécificités africaines, ces données peuvent perpétuer des discriminations, tout en excluant certaines couches sociales de l’accès aux services essentiels. De ce fait, les Etats gagneraient gros à collecter des données locales et représentatives pour garantir que les algorithmes répondent aux besoins spécifiques des Africains.

Qu’en est-il du Tchad ? Pour préparer son intégration, il s’avère important de développer la conscience IA. Cet effort implique des investissements conséquents dans les infrastructures, la réglementation, la formation et les partenariats continentaux et internationaux. Au regard des enjeux que l’IA porte, le Tchad doit espérer mettre toutes les chances de son côté pour éviter d’être une proie facile et une terre de prédilection des hackers. Ce sera un pas décisif vers la souveraineté et la sécurité numériques.

Les experts et décideurs nationaux sont aussi appelés à renforcer davantage leurs recherches et efforts en faveur de l’IA pour en faire un des piliers de l’émergence. Cette démarche s’exprimera par la formation des acteurs tant publics que privés à travers des outils performants et commodes. L’Etat doit préparer les générations futures en leur fournissant les compétences nécessaires pour les nouveaux métiers. Dans cette logique, les Nouvelles technologies sont à intégrer dans le système éducatif afin de réduire la fracture numérique et préparer la relève aux défis technologiques. Le Tchad peut trouver des solutions adaptées à ses maux en lançant la promotion de la recherche et de l’innovation IA. Mais, encore faut-il que la volonté politique soit accompagnée de ressources colossales que ce chantier exige.

La Rédaction

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