Le Tchad connait une augmentation vertigineuse du nombre des diplômés, ces dernières années. Il ne se passe pas une seule semaine où on ne publie pas sur les réseaux sociaux qu’un tel vient d’obtenir son master ou son Doctorat dans un domaine bien précis. Les têtes bien faites, il en faut pour apporter des solutions aux maux et développer le pays. Ce sont les ressources humaines qui forgent le destin d’un pays, surtout avec une bonne dose de patriotisme. Ce sont toujours elles qui font connaitre leur patrie dans le concert des nations par leur perspicacité et leur intelligence. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, le système éducatif est très encadré dans les pays qui nourrissent de grandes ambitions.
Mais à y regarder de plus près, le diplôme n’est pas forcément synonyme de compétence sous les étoiles du pays de Toumaï. Certains diplômés arrivent difficilement à justifier leur titre ou grade. Pour eux, tout ce qui compte, c’est l’insertion professionnelle et des avantages y afférents. Et quand ils sont placés dans certaines institutions, ce sont les autres qui font leurtravail, tandis qu’eux guettent la moindre occasion pour se remplir les poches. A cette allure, que va devenir le Tchad dans les prochaines décennies ? Les jeunes auront-ils encore la soif de se donner corps et âmes aux études pour bâtir leur avenir ? Quel mécanisme est-il nécessaire de mettre en place pour rectifier le tir pendant qu’il est encore temps ? Des interrogations, somme toute, légitimes pour arrêter, un tant soit peu, l’hémorragie à travers des réponses concrètes.
La rigueur et la méritocratie doivent retrouver leur place dans les structures éducatives et régir le monde professionnel. Il faut faire de l’excellence un étalon à tous les niveaux de la vie publique. Aujourd’hui, avec l’évolution des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication(NTIC), obtenir un parchemin est chose facile. Mais à quoi servira un docteur ou un spécialiste qui tâtonne dans son domaine ? Ils grossissent les rangs de ceux qui émargent sur le fichier du trésor public, et au finish c’est l’Etat qui perd gros. On ne doit pas s’attribuer les titres pour les beaux yeux des gens ni pour sa fierté. Et quelle fierté tirent-ils avec tant de lacunes ?
Il n’y a pas de baguette magique pour transformer un pays. Seul le travail et le travail bien fait, est récompensé. Les citoyens doivent aimer travailler et se distinguer par leur intelligenceet sens du sacrifice. Dès le bas-âge, ils doivent être soumis à une bonne discipline et à la culture de l’effort et non à la facilité. Lorsque vient le temps de choisir son domaine de compétence, les orientations strictes sur la base des prédispositions et des capacités intrinsèques devraient primer sur toute autre considération.C’est la voie royale pour avoir des cadres performants.
Les recrutements à la Fonction seraient plus bénéfiques pour le pays, si l’accent était mis sur les compétences réelles des demandeurs d’emplois. Les autorités concernées ne doivent pas continuer, têtes baissées, à suivre les sentiers de la complaisance ni du clientélisme. En refusant de faire les choses de la bonne manière, elles ne font qu’enfoncer le pays alors que le changement dépend de leur changement de mentalité et d’attitude.
La Rédaction










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