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Editorial

Éditorial : Pour des emplois réels !  

Du 10 au 12 novembre 2026, N’Djaména accueillera la deuxième édition du Forum national sur l’emploi (FNE), placée sous le thème « Promotion de l’emploi des jeunes vers les métiers d’avenir ». Une nouvelle rencontre consacrée à l’un des défis majeurs du Tchad. Mais avant de parler de métiers d’avenir, une question mérite d’être posée : qu’en est-il des engagements pris lors de la première édition, organisée du 15 au 17 octobre 2024, qui avait débouché sur onze recommandations ?

Deux ans après, les jeunes attendent toujours des réponses concrètes. Le chômage, le sous-emploi, la précarité, les difficultés d’accès au financement et le manque de perspectives professionnelles continuent de peser sur leur quotidien. Pour beaucoup de diplômés, obtenir un emploi relève d’un parcours éprouvant. D’autres, faute de débouchés, se tournent vers le secteur informel, tel que les activités de mototaxi, où les revenus sont souvent incertains et sans protection sociale garantie. Quant aux jeunes porteurs de projets, ils se heurtent fréquemment au manque de capitaux et aux difficultés d’accompagnement. Pourtant, les recommandations issues de la première édition avaient posé des pistes de réflexion pertinentes : réviser la politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle, mieux adapter les formations aux besoins du marché du travail, faciliter le financement de l’entrepreneuriat, renforcer les partenariats entre l’État et le secteur privé, promouvoir l’inclusion et améliorer le suivi des politiques publiques.

Certes, un comité chargé du suivi de ces recommandations a été installé en août 2025. Des démarches de révision des politiques publiques sont également engagées. Mais ces avancées institutionnelles doivent désormais se traduire par des résultats mesurables sur le terrain. Combien de jeunes ont-ils durablement accédé à un emploi ? Combien d’entreprises ont été créées et accompagnées ? Quels financements ont été mobilisés ? Quelles réformes ont effectivement amélioré les conditions d’insertion professionnelle ? Ces questions méritent des réponses précises.  Car le problème du Tchad ne réside pas uniquement dans le manque de fora ou de déclarations. Il tient aussi à la difficulté de transformer les engagements en politiques efficaces, financées et suivies dans la durée. Répéter les mêmes discours sur l’employabilité, l’entrepreneuriat et les métiers d’avenir sans évaluer sérieusement les résultats risque d’accentuer la lassitude d’une jeunesse qui aspire à participer pleinement au développement de son pays.

L’on espère que la deuxième édition ne sera pas une nouvelle succession de panels, de discours officiels et de promesses. Elle doit se démarquer par un bilan transparent de la première édition, recommandation par recommandation. Les responsabilités doivent être clairement définies, les échéances rendues publiques et les résultats régulièrement évalués. L’État ne peut, à lui seul, absorber tous les demandeurs d’emploi. Le secteur privé, les établissements de formation, les partenaires au développement et les collectivités ont également un rôle essentiel à jouer. Mais cette responsabilité partagée exige une véritable coordination, un environnement favorable à l’investissement et des mécanismes accessibles pour soutenir les initiatives des jeunes. La jeunesse tchadienne ne demande pas des miracles. Elle réclame des possibilités réelles de se former, de travailler, d’entreprendre et de vivre dignement de ses efforts.

La Rédaction

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ATPE

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