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Politique

Tchad : Compte-rendu du conseil ordinaire des ministres

Il s’est tenu, ce jeudi 5 novembre 2026, un Conseil Ordinaire des Ministres, sous la conduite du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République, Chef de l’Etat. Le Conseil a examiné et adopté le projet de loi portant loi des Finances pour l’exercice 2027.

Le projet de loi de Finances 2027 met en œuvre les Très Hautes Orientations du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République, Chef de l’État. Il s’inscrit dans la mise en œuvre de son Programme Politique, à travers le Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 » et la Déclaration de N’Djamena sur l’eau. Il met principalement l’accent sur le développement des routes, l’accès à l’eau potable, à l’énergie, la sécurité alimentaire ainsi que l’amélioration des services de santé et d’éducation.

Ce projet accorde la priorité aux besoins des tchadiens et au développement du pays. Il prévoit le renforcement des collectivités autonomes, de l’administration et du commandement territorial en termes de budget de fonctionnement des préfets et sous-préfets. Il vise également une hausse de près de 60 milliards de FCFA du budget de la santé, des investissements dans l’eau, l’énergie, l’agriculture, l’élevage, l’industrialisation et la digitalisation.

Le projet de loi de finances pour l’exercice 2027 offre une place de choix aux femmes, aux jeunes, aux personnes vulnérables et au développement du capital humain, avec le recrutement de 6 265 agents, dont plus de 6 170 agents sociaux dans les provinces. Il soutient aussi le tourisme, le sport, la cohésion sociale, la défense et la sécurité.

La croissance du produit intérieur brut réel est estimée à 7,3 % en 2027, contre 6 % en 2026. Cette progression sera portée par le secteur non pétrolier, grâce aux investissements dans les infrastructures, le développement humain, la productivité rurale et la transformation industrielle. Les réformes engagées pour moderniser la fiscalité, digitaliser les régies financières, améliorer la gestion budgétaire et  soutenir l’investissement privé contribueront également à cette croissance.

Les ressources totales sont projetées à 3 065 milliards de FCFA en 2027, contre 2 275 milliards en 2026, soit une hausse de 35 % alors que les dépenses totales sont estimées à 3 002 milliards de FCFA, contre 2 531,500 milliards en 2026, soit une hausse de 19 %. Il se dégage donc un solde global avant amortissement  de la dette et financements excédentaire de 63 milliards de FCFA. Il est important de souligner que c’est pour la première fois que le budget général du Tchad dépasse les 3000 milliards de FCFA.

  1. Au titre des recettes

En 2027, la mobilisation des recettes non pétrolières reposera principalement sur une utilisation optimale des plateformes numériques des régies financières. Ces outils permettront de fiabiliser les données fiscales et d’améliorer le recouvrement de la TVA. Leur déploiement dans les provinces contribuera également à renforcer la mobilisation des recettes publiques.

Elles sont réparties comme suit :

  • Recettes hors pétrole : 1307,991 milliards de FCFA, contre 1094,072 milliards en 2026, soit une hausse de 20 %, portée par l’élargissement de la digitalisation des régies ;
  • Recettes pétrolières : 1184,182 milliards de FCFA, contre 779,866 milliards en 2026, soit une augmentation de 52 %. Cette progression s’explique par la hausse combinée des cours du pétrole et du dollar;
  • Dons : 572,827 milliards de FCFA, contre 401,063 milliards en 2026, soit une hausse de 43 %, qui témoigne la vitalité de notre coopération économique.
  1. Au titre des dépenses

  Les dépenses totales de l’exercice 2027 se composent comme suit :

  • Personnel : les charges de personnel sont estimées à 796,165 milliards de FCFA en 2027 contre 693,450 milliards en 2026, soit une hausse de 15 %. Cette prévision tient compte de la situation actualisée de la masse salariale, des départs à la retraite, des décès et des besoins de recrutement retenus.
  • Biens et services : ces dépenses sont évaluées à 271,957 milliards de FCFA en 2027, contre 235,328 milliards en 2026, soit une hausse de 16 %. Elles reposent sur un examen rigoureux, fondé en particulier sur les contrats de services en cours. Cette augmentation vise à renforcer les moyens d’action de l’État sur l’ensemble du territoire.
  • Transferts et subventions : ils sont estimés à 340,745 milliards de FCFA en 2027, contre 304,970 milliards en 2026, soit une hausse de 12 %. Une priorité est accordée au secteur de la santé, avec une augmentation de 25 % des transferts aux CHU, plus de 10 milliards de FCFA pour les hôpitaux provinciaux et des allocations destinées à 14 hôpitaux confessionnels, 90 districts sanitaires et 2 514 centres de santé. Ces mesures visent à améliorer la qualité des soins et à garantir un accès équitable aux services de santé.

Les collectivités autonomes bénéficient également d’un renforcement de leurs ressources qui passent de 39 milliards de FCFA en 2025 à 47 milliards en 2026, puis à plus de 56 milliards en 2027. Une enveloppe supplémentaire de plus de 18 milliards de FCFA est accordée comme soutien de l’État aux collectivités autonomes, dans le cadre des compétences partagées afin de rendre la décentralisation pleinement opérationnelle.

Par ailleurs, près de 4 milliards de FCFA sont consacrés à l’assainissement des 125 communes élues, dont 2 milliards pour la mairie centrale de N’Djamena. Ces ressources permettront de renforcer les opérations de collecte des ordures, d’assainissement et de lutte contre les eaux stagnantes.

  • Investissements : les dépenses d’investissement sur ressources intérieures sont estimées à 794,194 milliards de FCFA en 2027, contre 618,174 milliards en 2026, soit une hausse de 28 %. Celles financées par les ressources extérieures atteignent 662,638 milliards, contre 554,077 milliards en 2026, soit une progression de 20 %.

Au total, les investissements s’élèvent à 1 456,832 milliards de FCFA en 2027, contre 1 172,252 milliards en 2026, soit une hausse de 24 %. Cette progression traduit la volonté du Gouvernement à soutenir la transformation de l’économie, la connexion des territoires et le développement du capital humain.

  • Charges de la dette : les intérêts de la dette sont estimés à 134,301 milliards de FCFA en 2027, contre 125 milliards en 2026. Sur ce montant, 105,539 milliards concernent la dette intérieure, contre 94 milliards en 2026.
  1. Au titre des innovations et de l’évolution de notre dispositif fiscal et douanier

En matière d’évolution du dispositif fiscalo-douanier, le projet de loi de finances 2027,  prévoit entre autres de :

  • plafonner la taxe sur la vente de bétail à son niveau de 2026, rétrocède aux collectivités autonomes la part revenant au Trésor public et transfère aux conseils provinciaux les compétences relatives à la perception et à la répartition de cette taxe ;
  • encourager les investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle;
  • favorise les investissements dans la transformation des produits de l’élevage et le développement des infrastructures d’abattage;
  • soutenir le développement du sport à travers des mesures fiscales incitatives;
  • instaurer un régime fiscal attractif destiné à favoriser l’implantation de sociétés holdings;
  • défiscaliser les importations des produits destinés à la prévention et à la lutte contre le paludisme et la dengue ;
  • adopter le Code des Douanes Harmonisé CEEAC-CEMAC et le Tarif Extérieur Commun Harmonisé CEEAC-CEMAC de 2024.

Aussi, faudrait-il rappeler que ce projet de loi finance vise à favoriser les activités économiques en permettant à chacun de travailler, de produire, d’entreprendre, de commercer et de circuler librement.

Avant de lever la séance, le Président de la République, Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itn a félicité le Gouvernement pour le travail remarquable dans l’élaboration du budget 2027, tout en invitant les membres du Gouvernement à travailler avec méthode et transparence. Il les a invités à engager l’exécution du budget dès le début de l’année en respectant les procédures de passation des marchés publics. Le Chef de l’Etat a également exprimé sa satisfaction concernant le budget alloué aux collectivités autonomes.

Par ailleurs, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itn a appelé le Gouvernement à prendre des mesures adéquates pour endiguer les conflits intercommunautaires répétitifs. Il a insisté sur la mobilisation de tous les moyens pour garantir la sécurité et le vivre ensemble entre les communautés.

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ATPE

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