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Culture

Arts : Stimuler la créativité féminine

Dans le cadre de la Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET), les femmes artistes ont lancé la Semaine nationale de la femme artiste (SÉNART) 2026. Elles ont animé une conférence-débat, ce lundi 2 mars 2026 une au Musée National autour du thème « La femme artiste au service du développement».

Artiste peintre et plasticienne, Ngamal Koumagoto a livré une réflexion profonde sur la portée sociale de l’engagement artistique féminin. « La femme artiste n’est pas seulement une créatrice de jeux esthétiques. Elle est engagée, éducative, agent de transformations sociales » a-t-elle affirmé. Selon elle, au-delà des galeries et des musées, la femme plasticienne agit au cœur des communautés avec l’organisation d’ateliers pour enfants et jeunes, programmes d’autonomisation des femmes, projets environnementaux ou encore spectacles participatifs renforçant le sentiment d’appartenance. « Valoriser la femme artiste, c’est valoriser le produit culturel local » a-t-elle insisté tout en soulignant que la reconnaissance des femmes dans les arts est une condition essentielle d’un développement inclusif.

Lopiamadji Priscille, spécialiste en art culinaire a mis en lumière le rôle stratégique de la gastronomie dans le développement socioculturel et économique. « Dans un monde globalisé et connecté, la cuisine reste un marqueur fort de culture et d’identité. Elle exprime nos origines, nos traditions et nos choix personnels » a-t-elle expliqué. Pour elle, l’art culinaire ne se limite pas à la préparation des mets. Il constitue un levier de création d’emplois, de valorisation des produits locaux et de rayonnement culturel. « L’art culinaire développé conduit immédiatement au développement socioculturel et économique d’une nation » a-t-elle soutenu appelant à une meilleure structuration et professionnalisation du secteur.

Un plaidoyer pour la reconnaissance

La présidente de SÉNART, Mariam Mayoumbila a replacé la rencontre dans son contexte militant. « Nous avons créé cet événement pour permettre à la femme artiste de s’exprimer. Nous sommes des personnes vulnérables que l’on ne regarde pas. Parce que nous portons de beaux habits et de jolis bijoux, on pense que nous vivons bien, alors que nous faisons face à de réelles difficultés », a-t-elle confié. Cette édition 2026 se veut résolument tournée vers l’action. «Comment pouvons-nous intervenir pour le développement de notre pays dans nos différents domaines comme les arts plastiques, l’art culinaire, l’art capillaire, l’art vestimentaire, le théâtre, la danse, la musique et le cinéma ? », s’est-elle interrogée. L’objectif de la SENART est de permettre aux femmes artistes de vivre dignement de leur art. « Nous voulons que la femme artiste puisse vivre de son art. C’est cela notre lutte », a plaidé la présidente.

Dans un contexte où les inégalités d’accès au financement et la sous-représentation institutionnelle persistent, les intervenantes ont appelé à un changement de regard et à des politiques publiques plus ambitieuses.

Man-Ya Allah Gisèle

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