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« Comme la Bible le dit, personne ne sera couronné s’il n’a pas combattu selon les règles », Bishop Amane Mamaté

L’église de Dieu Chagoua 1 va accueillir demain une cérémonie de consécration du Bishop Banadji Esaïe, de l’apôtre Harang Salomon et de l’apôtre Idriss Noël Salina. Une cérémonie religieuse inédite sur laquelle, le  apporte des éclaircissements au reporter de l’Agence Tchadienne de Presse et d’Edition (ATPE).

C’est quoi la consécration à l’ordre d’apôtre et de Bishop?

La consécration des leaders spirituels est d’ordre divin. Parceque, Dieu quand il a voulu entrer en contact avec les hommes, il a ordonné à Moïse de construire le tabernacle et dans ce tabernacle, les serviteurs qui doivent travailler pour préparer les hommes à la rencontre de Dieu sont mis à part par un service de consécration. Selon leurs catégories, les leaders étaient revêtus de  vêtements, qui correspondaient à leurs rangs. C’est ainsi que Moïse a consacré Aaron et sa famille pour jouer le rôle de souverains sacrificateurs, s’en suivent les sacrificateurs avec leurs types d’habillement. Si on peut dire que l’histoire de Moïse est celle de l’Ancien Testament, nous n’avons pas un autre modèle d’adoration de Dieu fondé sur le tabernacle. Parceque Hébreux chapitre 10 verset 5, nous dit que le tabernacle est l’ombre du culte céleste. Cela veut dire qu’avant que Moïse ne soit consacré, Dieu a donné des instructions parce que c’est le culte qui lui convient. Si nous avons en tant qu’église un modèle à suivre, c’est le modèle biblique. C’est vrai que dans le Nouveau Testament, ça ne fait pas comme au temps  de Moïse, mais nous savons une chose, les serviteurs de Dieu doivent être consacrés pour le service. 

Quels sont les critères spirituels pour être consacrés?

Il y a une seule consécration mais pour des objectifs assez différents. Il y a les Levites que nous considérons comme la chorale avant de commencer le travail. Parce qu’ils entrent dans ce qu’on appelle le sacerdoce c’est-à-dire le service de Dieu. Ils ont besoin d’une prière spéciale qui les consacre à cette tâche. Il y a par exemple les anciens et les diacres qu’on consacre. Les critères dans 1 Corinthiens 7, pour les diacres et les évêques, c’est les conditions d’éthique. Tandis que les cinq ministères d’ordre je veux parler d’apôtres, de prophètes, d’évangélistes, des pasteurs et des docteurs, ce sont des ministères dits de Dons. Dieu décide d’équiper un homme en lui donnant cette qualification et il se met à son service. Là il n’y a pas de critère, il n’y a que la reconnaissance des évidences. La première évidence, c’est que, lui à une circonstance donnée, a senti que Dieu veut qu’il le serve. Pendant qu’il travaille, la deuxième évidence est que les leaders autour de lui observent. C’est ce qui va se passer demain. Nous avons observé ces pasteurs pendant des années. Il y en a qui ont fait 10 ans, 15 ans. Nous avons observé le travail qu’ils font et nous nous sommes rendus compte d’une qualification qui n’est que divine. Ça veut dire que Dieu a investi chacun avec une onction particulière pour une telle tâche. Et ça c’est biblique. Parceque quand le Seigneur l’a rencontré dans Actes 9, il était seul face au Seigneur et c’est lui qui avait l’évidence. Mais plus tard, l’église d’Antioche  va le chercher de Tarses  pour le consacrer pour dire maintenant nous te consacrons tu peux partir faire ton travail. Plutard, il va former des gens comme Timothée et il va lui dire fais attention ne l’oublie pas, ton évidence par le Saint-Esprit est avec l’imposition des mains des anciens.

Quelle est particularité de la consécration au sein de votre église?

Nous sommes pentecôtistes. Dans le milieu évangélique, le désordre se trouve plus dans notre camp. Parce que les jeunes se lèvent, ils se proclament apôtres, ils se proclament pasteurs et ils essaient de faire ce qu’ils veulent quand ils veulent. Cela froisse les principes divins et offusque les leaders comme nos amis de l’EEMET et qui ont trouvé que le mot désordre n’est que pentecôtiste.  Ils ont raison parceque c’est dans notre milieu que ces choses se font. Nous en tant que ministres ayant vécu une certaine expérience, nous nous sommes rendus compte que ce mal est de notre côté, il faut le corriger. Pour avoir l’unité de l’église au Tchad, il va falloir que nous corrigions les erreurs. Nous le faisons au bénéfice des jeunes pasteurs qui ont soit quitté  la dénomination en fracas, qui ont commencé une oeuvre mais ça marche mais qui ne sont pas dans une ligne bien donnée. C’est comme ça que nous avons créé ce qu’on appelle, le Conseil africain d’accréditation et d’encadrement des ministères. Cet organe qui était seulement entre le Cameroun et le Tchad est représenté aujourd’hui dans 22 pays en Afrique dont je suis le vice-président. Nous avons trouvé que le mal n’est pas seulement au Tchad, c’est partout. Les jeunes qui étaient  dans les églises dites méthodistes et qui sont partis étudier à l’étranger, sont revenus avec la flamme. Ils ont reçu l’onction, il veulent travailler donc il faut les encourager mais surtout les recadrer et ce que nous sommes en train de faire. On ne se soucie pas de faire l’oeuvre mais l’oeuvre se fait dans un cadre bien donné. Comme la Bible le dit, personne ne sera couronné s’il n’a pas combattu selon les règles.

Quelle est la principale difficulté dans votre ministère étant donné que les jeunes ne respectent pas certains principes. Quel est le travail éthique et social qui se fait pour que l’église puisse retrouver ses lettres de noblesse?

Je crois qu’après toutes les tentatives et les réunions, nous nous sommes rendus compte qu’il ne suffit pas de critiquer face à une situation. L’église étant donc l’hôpital, l’église guérit donc ceux qui sont malades. S’il y a ces failles j’attribue à la faiblesse quoi existe dans les individus. Le mal est que les églises traditionnelles, leur rôle c’est de juger, de condamner. Mais ces jeunes qui évoluent, ont besoin que quelqu’un s’approche d’eux et les écoute. La difficulté est que l’incompréhension des églises traditionnelles fait que les jeunes s’endurcissent dans ce qu’ils font. Nous sommes venus proposer une alternative. Nous nous mettons au milieu, puisque ces églises traditionnelles nous connaissent et que ces jeunes aussi savent qui nous sommes. Nous sommes bien placés pour construire un pont entre les deux camps. Là encore nous rencontrons des incompréhensions. Vous savez, l’église est basée sur le socle des missionnaires. Les missionnaires ne sont pas venus pour sauver des âmes. Ils sont venus juste pour animer la vie et se donner une image. Nous ne faisons pas des disciples, nous faisons des membres. Ces membres, tant qu’ils resteront membres, ils vont flotter. Il faut que nous travaillons afin que la jeune génération comprenne la responsabilité qu’elle a. Il faut bâtir des disciples absolus parcequ’un disciple ne quitte pas son église, c’est un membre qui le fait.

Propos recueillis par Badoum Oumandé Henri

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ATPE

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