Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière d’accès à l’eau et à l’électricité, Bardaï, chef-lieu de la province du Tibesti, peine encore à garantir ces services essentiels à sa population. Le maire de la ville, Ali Sougui Hassan, tire la sonnette d’alarme et appelle les partenaires à soutenir les efforts de développement local.
Dans cette cité désertique, l’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure un défi quotidien pour les habitants. Dans les quartiers comme au sein de l’administration, les insuffisances sont nombreuses. Les écoles manquent de matériel, les services municipaux fonctionnent avec des moyens limités, tandis que l’approvisionnement en eau et en électricité reste irrégulier. Pour la population, ces difficultés se traduisent concrètement par de longues files d’attente aux points d’eau, des coupures d’électricité prolongées et une dépendance à des solutions temporaires souvent coûteuses.
Selon le maire, Ali Sougui Hassan, cette situation affecte directement la capacité de la commune à remplir efficacement ses missions. « Toutes les municipalités font face à des défis différents, et Bardaï n’échappe pas à cette réalité. Le manque d’équipements et de moyens de base freine le fonctionnement de notre administration », explique-t-il.
Le premier magistrat de la ville insiste sur le fait que ces difficultés ne résultent pas d’un manque de volonté politique locale, mais plutôt d’un ensemble de contraintes structurelles. Éloignement géographique, coût élevé du transport des matériels et usure rapide des équipements dans un environnement désertique particulièrement exigeant. «Sans générateurs fiables ni réseau de distribution d’eau fonctionnel, il est difficile de garantir un service public de qualité », ajoute-t-il.
Sur le plan institutionnel, le maire se veut toutefois rassurant. Selon lui, les relations entre la municipalité, les autorités provinciales demeurent bonnes et constructives. « Il n’y a aucun désaccord à ce niveau. Malgré les défis communs, chacun travaille dans un esprit de coopération », souligne-t-il. Cette coordination a permis d’éviter certains blocages administratifs, même si elle ne suffit pas encore à combler le déficit important en infrastructures.
Un appel urgent aux partenaires
Le principal problème reste d’ordre technique et financier. À ce jour, Bardaï ne bénéficie toujours pas d’un réseau électrique stable. Lorsque l’électricité est disponible, elle provient essentiellement de générateurs privés ou communaux dont le fonctionnement dépend fortement du prix et de la disponibilité du carburant. La situation de l’eau est encore plus préoccupante. La nappe phréatique est difficile d’accès et les forages existants ne couvrent qu’une partie des besoins de la population. « Il existe une pénurie sévère. Parfois, l’approvisionnement se fait de manière limitée et temporaire, notamment pendant la saison sèche », précise Ali Sougui Hassan.
Face à cette situation, la municipalité affirme multiplier les démarches auprès des organisations non gouvernementales, des agences de développement ainsi que des partenaires techniques et financiers. L’objectif est d’attirer des projets concrets pour l’installation de forages équipés de pompes solaires, la réhabilitation des points d’eau existants et la mise en place de mini-réseaux solaires destinés à l’éclairage public et aux services essentiels. « Nous faisons appel aux personnes de bonne volonté, aux ONG et aux partenaires techniques et financiers afin de nous aider à installer des infrastructures d’eau dans les zones les plus touchées », lance le maire.
« Notre souhait le plus ardent est de travailler en symbiose avec les différentes organisations présentes à Bardaï afin de trouver des solutions durables à nos problèmes. L’eau et l’électricité sont la base de tout. Sans elles, il est impossible d’améliorer la santé, l’éducation ou encore l’économie locale », conclut-il. Au-delà du cas de Bardaï, cette situation illustre les défis majeurs auxquels restent confrontées plusieurs collectivités des zones désertiques du Tchad.
Kemnelem Sophie












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