Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui à la transformation numérique, le Ministère des Finances a doté plusieurs communes provinciales en matériels informatiques. À l’issue de cette cérémonie, le maire de la ville de Sarh, Mahamat Boka Ramadan, a évoqué les principales difficultés auxquelles sa commune est confrontée, tout en présentant plusieurs initiatives destinées au développement de la ville.
Au cours de son intervention, le maire de Sarh a estimé que « la commune se porte assez bien », malgré les nombreux défis rencontrés. Selon lui, les difficultés sont essentiellement d’ordre financier, comme dans plusieurs autres collectivités du pays. Il regrette notamment l’insuffisance des moyens financiers dont dispose la mairie pour mettre efficacement en œuvre son programme d’action. Le maire a également souligné les difficultés liées au recouvrement des ressources propres de la commune. Il a particulièrement insisté sur les subventions de l’État, notamment les 50 % prévus pour l’année 2025, qui tardent encore à être versés. Malgré cette situation, Mahamat Boka Ramadan assure que son équipe poursuit ses efforts pour assainir la ville et améliorer les conditions de vie des habitants.
Il a, par ailleurs, évoqué les problèmes de délestage électrique, l’insuffisance d’eau potable en cette période de forte chaleur ainsi que les difficultés d’approvisionnement en carburant. Selon lui, ces contraintes plongent régulièrement la ville dans le noir et compliquent le quotidien de la population, surtout en cette saison où les besoins en ventilation et en climatisation sont importants, notamment pour les activités commerciales. Il s’est toutefois réjoui de la disponibilité de l’eau issue des pompes à motricité humaine (PMH), qui soulage partiellement les habitants.
Le maire de Sarh affirme également entretenir de bonnes relations avec le conseil provincial. Il rappelle que chaque institution doit agir conformément aux textes en vigueur afin de garantir le bon fonctionnement des collectivités autonomes. Faisant référence à l’article 84 de la loi n°14, il précise qu’aucune collectivité autonome n’est placée sous la tutelle d’une autre. « Certes, certains ont parfois l’impression que la province exerce une tutelle sur la commune, mais nous avons mieux à faire que de nous chamailler pour des futilités. Chacun évolue dans ses limites territoriales et nous collaborons dans la compréhension mutuelle », a-t-il déclaré.
Des initiatives pour l’assainissement et l’emploi des jeunes
Mahamat Boka Ramadan souligne que plusieurs initiatives sont actuellement engagées pour le développement de la commune. Dans le domaine de l’assainissement, des comités ont été mis en place dans les 30 quartiers de la ville afin de veiller à la propreté urbaine et à la gestion rationnelle des déchets. Le maire précise que ces déchets seront désormais valorisés. À cet effet, les membres des comités ont bénéficié de formations sur la transformation des ordures ménagères biodégradables en compost. Il ajoute également que les déchets plastiques seront recyclés afin de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et contribuer à la lutte contre le chômage. « Nous nous orientons également vers la confection des pavés. Cette activité offrira aussi du travail aux jeunes », a-t-il indiqué.
Mahamat Boka Ramadan informe enfin que son équipe travaille actuellement sur plusieurs projets structurants pour la ville. Parmi lesquels figure un ambitieux projet visant à faire de Sarh un pôle attractif autour du centre de gravité de l’Afrique. Selon lui, ce projet prévoit notamment la construction d’un monument et de plusieurs infrastructures annexes. Il rassure, par ailleurs, qu’un terrain a déjà été acquis pour la réalisation du projet. « Le monument du centre de gravité sera construit et nous allons assurer une large promotion autour de ce site afin que le Tchad, où se situe le centre de l’Afrique, devienne un pôle attractif, et par ricochet, notre ville également », a conclu Mahamat Boka Ramadan avec optimisme.
Banbé Mbayam Christian












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