À la veille de la clôture de sa deuxième session ordinaire, le Conseil économique, social, culturel et environnemental (CESCE) a consacré deux panels aux défis et aux perspectives de la transformation numérique au Tchad. Au cœur des échanges : l’accessibilité, la connectivité, la couverture numérique, mais aussi la dématérialisation des services publics et la généralisation de l’identité numérique.
Le premier panel, axé sur l’état des lieux de l’accessibilité, de la connectivité et de la couverture numérique du pays, a été animé par le directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Moussa Souleymane Cherif.
Devant les conseillers de la République, le responsable de l’ARCEP a présenté les principales réalités du secteur des communications électroniques, mettant en évidence les progrès enregistrés, mais aussi les défis qui persistent. Dans un pays marqué par l’immensité de son territoire, l’amélioration de la couverture numérique demeure un enjeu majeur pour réduire les disparités entre les zones urbaines et rurales.
L’accès à une connexion fiable, de qualité et abordable constitue désormais un facteur déterminant du développement. Il conditionne notamment l’accès à l’information, à l’éducation, aux services administratifs et aux opportunités économiques. Pour le Tchad, l’enjeu est de faire du numérique un véritable outil d’inclusion, plutôt qu’un facteur supplémentaire de fracture sociale et territoriale.
Dans cette perspective, l’ARCEP joue un rôle stratégique dans la régulation du secteur. Elle veille notamment au respect des règles par les opérateurs, à la protection des consommateurs ainsi qu’à la création d’un environnement favorable au développement des communications électroniques et des services postaux.
De la connexion à l’identité numérique
Le deuxième panel, consacré aux perspectives de l’e-gouvernement, a été animé par l’expert Brahim Mahamat Madout. Les échanges ont mis en avant la nécessité de transformer progressivement l’administration traditionnelle en une administration plus accessible, plus rapide et mieux adaptée aux exigences de l’ère numérique.
La dématérialisation des procédures doit permettre aux citoyens d’effectuer certaines démarches à distance, de réduire les délais de traitement et d’améliorer la transparence dans la fourniture des services publics. Elle peut également contribuer à renforcer l’efficacité administrative et à rapprocher davantage l’État des usagers. Mais pour réussir cette transformation, une étape fondamentale reste à franchir : la généralisation de l’identité numérique. L’expert a relevé que l’Agence nationale des titres sécurisés (ANATS) gère déjà plusieurs documents d’identification, notamment les cartes nationales d’identité et les passeports. Toutefois, cette dynamique doit être étendue afin de permettre à chaque citoyen de disposer d’une identité numérique fiable et sécurisée. « C’est la base pour mettre en place les services numériques », a souligné Brahim Mahamat Madout, faisant de l’identité numérique l’un des socles de la future administration digitale.
Cette transformation ne saurait toutefois se limiter aux seuls outils technologiques. Elle nécessite des infrastructures adaptées, une connectivité suffisante, des ressources humaines qualifiées et un cadre réglementaire approprié. L’inclusion des populations vivant dans les zones éloignées demeure également un impératif afin de réduire la fracture numérique.
À l’issue des deux panels, le président du CESCE, Dr Ahmat Mbodou Mahamat, a salué la qualité des présentations et remercié les panélistes pour leurs contributions. Il a assuré que les enseignements issus des échanges seront pris en compte par les conseillers de la République dans l’élaboration des recommandations de l’institution.
Hassaballah Ahmat Khamis












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