A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre 2026, le Médiateur de la République, Ambassadeur Saleh Kebzabo, a déclaré : « Ne laissez personne utiliser vos différences pour vous opposer. Faites des réseaux sociaux des espaces de dialogue et non des terrains d’affrontement. Le Tchad de demain sera largement ce que vous déciderez d’en faire aujourd’hui ». Un message fort qui a tout son sens. Car, la diversité ethnique, culturelle, religieuse, qui aurait dû être une plus grande richesse, s’est muée en poison. Des politiciens sans projet, des prédicateurs de haine, des entrepreneurs de la division l’ont instrumentalisée pour dresser les citoyens les uns contre les autres. Or, on ne doit pas pousser le Tchadien à détester son prochain. Mais, force est de constater qu’on lui souffle à l’oreille que l’autre est une menace et que sa réussite est une injustice.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux champs de bataille. Là où l’on devrait débattre des idées, on lynche des hommes. Là où l’on devrait confronter des projets de société, on oppose des noms de famille, des régions ou des religions. On y tue plus vite avec un clavier qu’avec une kalachnikov. On y assassine des réputations en une publication. On y allume des conflits communautaires en une vidéo truquée. Les Tchadiens sont appelés à choisir. La paix n’est pas l’absence de guerre ni un slogan. C’est un choix quotidien. Alors comment mettre en œuvre cet appel ? Comment construire cette paix durable ? Il faudra d’abord un engagement individuel. Chacun doit décider de ne plus partager la haine. Avant de diffuser un message, il est judicieux de se demander s’il contribuera à construire ou à détruire. Si chaque Tchadien, à son échelle, refuse d’être le relais de la division, la machine de la haine s’enrayera.
La paix relève également de la responsabilité collective. Il appartient aux leaders politiques, traditionnels, religieux, associatifs de cesser de surfer sur les peurs. Le courage ne consiste, pas à flatter sa communauté, mais de lui faire comprendre que le salut du pays est commun ou ne le sera pas.
Enfin, il faut un engagement constant de l’État à organiser cette paix. Cela, par une justice équitable pour tous, une répartition juste des ressources, une école qui enseigne auxenfants qu’ils sont d’abord Tchadiens avant d’être d’ici ou de là-bas. Le Tchad de demain sera ce que les citoyens décident aujourd’hui. Cette déclaration doit être diffusée dans chaque bureau, chaque salle de classe et chaque chefferie. Deux options s’imposent aux filles et aux fils de Toumaï, continuer a se déchirer pour des miettes, ou faire le choix de la paix, afin de construire ensemble. L’heure n’est plus aux discours, maisau choix.
La Rédaction










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